la généalogie de Marcus van Roocke



~:§:~





I. Marcus van (der) roecke = Morick van der roecke (∃ 1586, 1590)



           À la page 12 v° du second registre des mariages de l'église réformée de Leiden nous trouvons la mention la plus ancienne d'un membre de la famille van Roocke à Leiden.
Le 23 août 1586 Louijs Roose et Janneke Zeghers, tous les deux originaires de Renaix, se sont mariés à Leiden.
Les témoins de l'époux étaient Willem Roose et Marcus van roecke, les témoins de l'épouse étaient Pyrinken Zegers et Mayken Bufkens.

Le lien exact entre Marcus van roecke et Louijs et Willem Roose ne nous est pas encore clair, mais sans doute ils se connaissaient très bien.
Dans le rentier que le seigneur de Renaix a fait dressé en 1527, nous lisons que Hanic Bufkin a payé un cense pour une maison située à côté de celle de Mahieu de le Rocq, à un endroit appelé les rocq à Ellezelles (zie la famille de le Roke à Flobecq et Ellezelles).
Le 12 octobre 1618, Jannetje Zeghers était présente comme témoin au mariage de sa nièce Jacquemijntgen Roose et Pieter Amelis. (En 1625 Jacques van Roocke, veuf, s'est remarié avec Mayken Amelis).

En 1590 et 1591, Marcus ou Morick van der roecke a été enregistré comme témoin aux mariages de ses deux fils Jacques van der roecke et Bartelmeeus van Roucke.

Après ces deux mentions comme témoin à ces deux mariages, nous n'avons plus trouvé des traces de Marcus van der roecke dans les archives de Leiden.
Quand ses filles Adriaentgen vande roucke et Lurens Rocque se sont (re)mariées à Leiden en 1592 et 1596, Marcus n'était pas témoin. Probablement il était décedé entre temps.

Comme ses fils qui se sont mariés à Leiden ont été enregistrés comme originaires d' "Elsylle lez Renaix", et "du Hainaut près de Renaix", leur père Marcus faisait certainement partie de la famille de le Rocque d'Ellezelles.
Marcus y est probablement né vers 1540.

Nous n'avons pas encore trouvé un Marcus, Morick ou Maercq de le Rocque dans les archives d'Ellezelles.
Nous avons déjà cherché dans beaucoup de documents, mais nos recherches ne sont certainement pas encore achevées! (voyez les pages concernant la famille de le Roke à Flobecq et Ellezelles et la famille Delrocq à Ellezelles.)
De plus, la région d'Ellezelles et Flobecq -la terre des débats- a perdu beaucoup de ces archives par cause des guerres ou des incendies.
Le fait qu'on ne trouve pas la personne qu'on cherche est parfois indicatif : peut-être la personne recherchée n'y était effectivement pas présente...

Nous le croyons probable que Jean de Rocq ou Jehan le roch qui a été emprisoné à Tournai en 1568 à cause d'hérésie et qui a vu tous ses biens confisqués, était un très proche parent de Marcus van der roecke.
Jean de Rocq était marié à Geneviève Varlut, fille de Raimond Varlut, qui avait été banni de Tournai à cause de religion déjà en 1531, et la soeur de François Varlut, le reformateur religieux bien connu.
En 1564 Geneviève Varlut, femme de Jean de Rocq avait été emprisonnée parce qu'elle avait hébergé son frère François.(voyez la page concernant la famille de le Roke à Tournai.)

Peut-être ce Jehan le roch ou Jean de Rocq était la même personne que le réfugié religieux John Vanrock que nous avons trouvé à Londres en 1549... (voyez la page concernant une famille van Roken errante).
Cette famille était très mobile :
En 1550 François Varlut faisait des études à Genève;
En 1559 et 1560 il vivait avec sa soeur et son beaufrère (Jean de Rocq?) et quelques amis à Orléans.
En 1561 François était de retour à Tournai, où il initiait les jeunes dans la doctrine de Calvin.
En 1562, François Varlut a été emprisoné et décapité à Tournai pour hérésie.

J. Briels nous apprend qu'après la répression de 1567-'68 une seconde vague de migration s'est effectuée des provinces méridionales des Pays Bas vers l'Allemagne et l'Angleterre.
Après une courte période, les réfugiés religieux sont retournés vers leurs villes d'origines, où ils ont pu organiser des gouvernements Calvinistes.
Après la reconquête de ces villes par Alva entre 1581 et 1585, ils ont quitté leurs villes natales définitivement.
Ce passage est très bien applicable sur la branche de notre famille que nous étudions ici.

D'une probabilité qui touche à la certitude, c'était ce Jean de Rocq qui en 1582 à Colchester était témoin lors de la rédaction du testament de Henry Ozell, où il a été enregistré comme Jan van Rooke.
Dans les "Essex Wills", publiés par Frederick George Emmison en colaboration avec les Friends of Historic Essex, sous les auspices du Essex Records Office, nous lisons que le testament de Henry Ozell a été approuvé le 26 octobre 1582.
L'étranger Henry Ozell faisait une donnation de 10 s. aux pauvres de la congrégation flamande de Colchester et une même somme aux pauvres de la congrégation flamande de Halstead.
À tous ses enfants qu'il avait à Colchester il léguait 10 s.
Il attribuait ses autres possessions en trois parties égales à ses trois filles Jakemynken, Gaengen et Mayken. Il désignait sa fille Mayken et son mari Christian de Frend comme exécuteurs de son testament.
Les témoins étaient le scribe Willem Vigerus, Edmond Smythe, Jan van Rooke et Joos Myner.

Dr. Raingard Esser nous apprend dans son livre concernant les "Niederländische Exulanten im England des 16. und frühen 17. Jahrhunderts" que dans la communauté des réfugiés religieux de Norwich des "hommes politiques" étaient choisis comme témoins à la redaction de testaments.
On leur demandait de traduire les testaments du néerlandais ou du français en anglais, et dans certains cas ils redigaient l'inventaire des biens des défunts.
Dans les autres communautés de réfugiés flamands en Angleterre, l'institut des hommes politiques n'existait pas et leurs devoirs étaient exécutés par les aînés.
Dr. Esser a calculé que dans 45% des testaments rédigés par des réfugiés religieux, on trouve des diacres, des prédicants, ou des aînés comme témoins.
Peut-être Jan van Rooke a été choisi comme aîné de la congrégation flamande des réfugiés religieux à Colchester ou à Halstead.
De plus amples recherches nous aporterons peut-être plus de certitude...

La communauté flamande à Colchester a été formée en 1565 lorsque la municipalité a invité 11 entrepeneurs de l'industrie textile réfugiés des Pays Bas méridionaux de s'établir dans la ville avec leurs familles et leur personnel expérimenté et bien éduqué.
En 1571 il y avaient 185 "Dewchmen" à Colchester, en 1573 déjà 431, en 1586 on en comptait 1291 et en 1616 1571.
Ils étaient spécialisés dans le tissage de draps de baye de haute qualité, le plus souvent en blanc, utilisés pour les vêtements.
Le controle de la qualité s'effectuait sous l'authorité de la congrégation flamande.
La production de textile de très haute qualité par les immigrés Flamands a créé l'emploi direct pour la population locale apauvrie, et a donné une impulsion à l'économie de Colchester par une activité augmentie de fourniture de matières premières et un accoissement du commerce (d'outre mer) de ces "new draperies" ou nouvelles draperies.

La communauté des réfugiés religieux à Halstead se constituait au début d'un groupe de 11 familles de la congrégation de Colchester qui avaient été invité par la municipalité de Halstead.
Comme à Halstead il y avait déjà une industrie florissante de draperies, les "Dutch" devaient soumettre leurs produits au controle de l'authorité locale, ce qui invoquait de multiples discussions et discordes.
Cette immigration n'était pas couronnée de succes et en 1588 les réfugiés ont quitté Halstead. Certains sont retournés vers Colchester, d'autres sont allés à Leiden.

Nous savons que François Varlut, le beau-frère de Jean de Rocq a travaillé comme ouvrier dans l'industrie de tissage à Tournai.
Raimond Varlut, son père, banni pour hérésie, était mercier, marchand de produits divers, entre autres des draps luxueux.
Nous savons aussi qu'en 1602, Bertelmeeus van Roocke, le fils de Marcus van der roecke, possédait un métier à tisser à sa maison.
Nous pouvons conclure qu'aussi bien la famille par alliance de jean de Rocq à Tournai que les réfugiés religieux à Colchester et les descendants de Marcus van der roecke à Leiden étaient actifs dans le secteur du textile.

Dans le chapitre concernant la famille de le Roke à Tournai, nous avons déjà mentionné qu'à la fin du 16e siècle, la famille Varlut s'était réfugiée à Hanau, près de Frankfort en Allemagne.
Dans les archives de la nouvelle ville de Hanau nous avons trouvé l'enregistration de Jakob Le Roque qui y avait acheté une pièce de terre, ainsi qu'un François Varlut. Sans doute ce Jakob le Roque était un parent très proche de Jehan le roch et sa femme Geneviève Varlut.
Nous avons trouvé quelques enregistrements de la famille Varlut dans les archives de l'Hollande :
Le 2 novembre 1674 Jacob Varlus, originaire de Leiden s'y est marié avec Maria Fix. Le témoin pour l'époux était Jacob Varlus, son père.
En 1623, Antoinette Varlus s'est mariée à Delft, en 1637 et 1659 elle y était témoin de baptême.

À Leiden, le 28 novembre 1586, Matheus van Reulo et Catalina de Heere, tous les deux originaires de Belle (Nord de la France). Catalina était la veuve de N.N. Ouzeel.
Les témoins pour l'époux étaient son cousin Willem Endt et Huybrecht van Aelst, les témoins pour son épouse étaient Tanneken et Proentgen Verstrasselo.
Hester, la fille de Bartelmeeus van Roocke, était mariée avec Jan Enten, originaire de Colchester.
À la fin du 16e siècle, les familles Van Rooke, Ozell et Enten étaient présents à Colchester, elles y faisaient partie de la communauté des réfugiés d'environ 1300 personnes.
Les familles Enten, Ouzeel et van Roocke vivaient un peu plus tard à Leiden... un lien signifiquant.

À Leiden, le 30 juin 1637, Sara et Abraham Ozel étaient témoins au baptême d'Anneken, fille de David Ozel et Susanna Andriesdr.

À la fin du 16e siècle, la famille Buket de Eeklo, la famille par alliance de Jacques van Roocke, le fils aîné de Marcus, était présente dans la congrégation des réfugiés flamands à Londres.
Judith Braems, la femme de Marcus Jacobsz van Roocke était originaire de Noorwits (Norwich).
La fille de Marcus van der roecke, Anneke van Roocke et sa belle-soeur Elijsabeth van Roocke-Buket étaient témoins au mariage de Hester Moreels de Noorwits.
Grietgen van Roocken, la femme de Bartelemeeus van Roucke, était témoin au mariage de Jan du Moleyn de Noorwits.
Les époux de ses deux filles Hester et Judith van Roocke étaient originaires de Colchester.
Tous ces mentions sont des indications que la famille van Roocke de Leiden avait indéniablement des liens avec les communautés des réfugiés religieux de Norwich et Colchester, et peut-être la famille van Roocke n'a pas migré directement d'Ellezelles vers Leiden.

À la fin de 1576 la municipalité de Leiden avait commencé des négociations avec les réfugiés de Colchester et Norwich afin de convaincre quelques entrepreneurs de textile de s'établir à Leiden.
Dans la ville de Leiden il n'y avait pas de corporations de métier et on leur offrait le droit de bourgeoisie.
Les plans d'expansion urbain successifs à la fin du 16e siècle avaient pour but d'éviter que les entrepreneurs iraient dans les villes voisines à cause d'une crise de logement pour leurs travailleurs.
En 1577 nous trouvons les premiers enregistrements de réfugiés de Colchester et Norwich dans les livres de bourgeoisie de Leiden.
Hélas nous n'avons pas trouvé d'inscriptions de membres de la famille van Roocke dans ces livres de bourgeoisie.

Dans le livre "the Walloons and their church in Norwich" de William J. Moens, nous trouvons la mention d'un certain Antony de la Roke and his wife, originaires de "Flanders".
Ellezelles se trouve en Hainaut, mais les communes adjacentes Renaix et Schoorisse se trouvent en Flandre.
La mention de cet Antony de la Roke avec un nom de famille français dans les registres d'une communauté de réfugiés Wallons, mais y enregistré comme originaire de Flandre, est une indication forte qu'il venait sans doute d'un village sur la frontière linguistique.
Dans le rentier du seigneur de Renaix de 1527, nous avons trouvé que les héritiers d'Anthone de le rocq, qui venait de décéder, devaient payer une rente annuelle pour une maison et des terres à Ellezelles.
Dans les archives de la communauté des réfugiés religieux de Norwich nous avons trouvé aussi quelques mentions de la famille Varlus : en 1616 Noé, le fils de Noé Varlus y a été baptisé, les témoins étaient Anne et Job Valu.

Dans les familles de le Rocque de Tournai et Ellezelles, et dans la famille van Roocke de Leiden, la manière courante de choix de prénoms suivait un trame classic : le fils aîné héritait le prénom du père de son père, le second fils avait le même prénom que le père de sa mère, la fille aînée héritait son prénom de la mère de sa mére, la seconde fille avait le même prénom que la mère de son père.
Souvent les enfant suivants recevaient les mêmes prénoms que leur père ou mère.

Outre cette tradition, les réfugiés religieux des Pays Bas méridionaux choisissaient souvent des prénoms trouvé dans le Vieux Testament.
On pratiquait intensivement la lecture de la bible, et les parallèles entre les péripéties du peuple Juif et leurs propres aventures pendant leur migration n'étaient sans doute pas trop recherchés.
Ce qui explique l'apparition des noms comme Salomon, Abraham et Isaac, et sans doute aussi la première fois Marcus pour les garçons, et Judick et Hester pour les filles.
Le choix du prénom Marcus pour son fils nous emmène à conclure avec certitude que le père de Marcus pratiquait la religion réformée.

Dans presque chaque famille van Roocke nous voyons la façon classique de choix de prénoms, et cela ne nous procure pas nécéssairement la preuve, mais certainement une indication concernant le prénom du père de Marcus van der roecke...
Nous supposons qu'il avait le même prénom qu'un des fils de Marcus : Jacques ou Jan.
Outre Jan van Rooke que nous avons trouvé à Colchester en 1582, il y a d'autres découvertes à signaler ici :
Dans les registres paroissiaux d'Ellezelles nous trouvons en 1598 les mentions d'un Jacques et d'un Jan de le Rocq.
À Delft en 1602 il y avait un Jacop van Roqus qui faisait sans doute partie de la famille van Roocke.
Dans la communauté des réfugiés religieux de Hanau nous trouvons en 1602 un Jakob le Roque.
Sans doute toutes ces personnes appelées Jan ou Jacob étaient des très proches parents.

En 1603 Jaecquemijntgen van Roocken a été enterrée à Leiden, en 1604 un enfant de Lowijs van Roockelen y est décédé à cause de la peste. Lowijs habitait dans le Uyyerste garft à Leiden, la même rue où habitait la famille de Marcus.
En 1648 un enfant de Pieter van Roocken est décédé à Leiden , en 1664 un certain Lodewijck van Roockem y est enterré.
Ces personnes ne font pas partie de la généalogie de Marcus van Roocke, mais sans aucun doute c'étaient des parents très proches.

En 1527 il y avait un Jaquemart de le Rocque à Ellezelles, plusieurs Jehans et un Pierre de le Rocque qui avait un fils Eloy ou Louis... sans aucun doute on trouve les ancêtres de Marcus van roocke parmis eux.

Quand nous tournons notre oeuil vers le prénom du second fils de Marcus, Bartelmeeus cela peut nous sembler un choix bizar...
Je crois que les avènements qui se sont déroulés en France dans la nuit de Bartholomé de 1572 ont choqué Marcus (ou son père, car souvent c'étaient les grands-parents qui choisissaient les prénoms de leurs petits-enfants) d'une telle manière qu'il a donné le nom de Bartremieux ou Barthélémy à son fils, probablement né vers cette période.

Nous nous rapellons aussi qu'un des plèges de Jehan le roch enregistré en 1568 s'apellait Marc Ambrebecque, membre de la famille très protestante Cambrebecque avec un prénom particulier.

Tous ces mentions sont tous des petites et des importantes indications que Jean de Rocq, condamné en 1568 à Tournai à cause d'hérésie, et membre de la famille tournaisienne de le Roke, pourrait être la même personne que Jan van Rooke qui vivait en 1582 dans la communauté de réfugiés religieux de Colchester, ... et qu'il était un très proche parent de Marcus van der roecke, membre de la famille de le Rocque d'Ellezelles qui vivait avec sa famille à Leiden dès 1586.

Ellezelles en Hainaut a° 1601


L'origine de la famille de le Rocque peut être trouvée à Flobecq, le village adjacent d'Ellezelles, où la famille était déjà présente au milieu du 12e siècle. (voyez le chapitre concernant la famille de le Roke à Flobecq et Ellezelles)
La famille de le Roke doit son nom au toponyme "roke", situé au sudouest de Flobecq tout près du bois de le Roke, à la frontière avec Ellezelles. (voyez les pages sur le toponyme roke)

Flobecq en Hainaut a° 1601


La "genealogie van de familie Verroken 1379-1993", publié par Erik Verroken nous apprend que lorsqu'une partie de la famille tournaisienne de le Roke au troisième quart du 14e siècle a émigré vers Gand et Berchem lez Audenarde, son nom de famille a été traduit en flamand en van de roke.
Nous avons trouvé la confirmation de cette thèse par des mentions de la fin du 14e siècle à Courtrai et à Bruges, où égallement le nom de le Roke a été traduit en van de Roke.

Apparemment, à la fin du 16e siècle, le même phénomène s'est déroulé à Leiden.
La plus ancienne forme du nom de famille à Leiden est van (der) roecke, où on doit lire les voyelles "oe" comme [o:], exactement comme on prononce le "ue" de Verschueren comme [y:] et le "ae" de Verstraeten comme [a:].
Il est clair que le nom van der Roecke est la traduction littérale du nom de le Rocque.
Dans les archives de l'Hollande du Sud j'ai souvent trouvé des orthographes phonétiques des noms de famille étrangères, parfois gravement mutilés ou altérés, mais jamais des traductions.
Deux belles illustrations sont l'enregistrement le 4 mai 1602 à Leiden du mariage de Jan de la Roche de Reims et Jenne Mahieu d'Armentiers, et l'enregistrement du 27 juillet 1627 du mariage entre Emanuel Philib. de la Roocka de Turijn, Piedmondt et Marietje Willems de Leyden, où il est directement clair que les noms de familles des époux n'ont pas été traduits.
Je suppose donc que notre famille était bilingue, et a traduit son nom elle-même de de le Rocque en van der roecke et van Roocke. Ces membres étaient originaires de la région de la frontière linguistique, et en 1625 Jacques van Roocke était instituteur.

Dans les archives de Leiden, nous avons trouvé comme enfants de Marcus van der roecke : Jaecques, Bartelmeeus, Adriaentgen, Lurens, Jan et Anneken.
À Amsterdam nous avons trouvé un Marcus Marcusz Rocquius, que nous croyons le fils du fils Marcus du vieux Marcus.

Jacques en Bartelmeeus ont été enregistrés comme originaires de "Elsylle by Ronse" et de Hainaut près de Renaix, Adriaentgen venait de "Alcksielandt", et Jan et Anneke étaient de Leyden, Marcus Marcusz Rocquius était un bourgeois de la région Moselle.
Tout ces lieux d'origine peuvent peut-être nous procurer des renseignements concernant la route de migration que Marcus van der roecke a suivi avec sa famille pendant leur randonnée d'Ellezelles à Leiden.

À la page des tables généalogiques vous trouvez tous les descendants de Marcus van der roecke.

Dans les pages suivantes nous vous donnerons plus d'informations sur les personnes les plus importantes ou remarquables entre ces descendants.



I.A Jaecques van der roecke = Jacques van Roocke (x 1590)



           Jacques est l'aïeul de la branche de Delft.
Toutes les personnes qui apartiennent à la branche de Delft ont reçu la lettre D directement après le chiffre romain dans leurs numéros de génération.



I.B Bartelmeeus van Roucke (x 1591)



           Bartelmeeus est l'aïeul de la branche de Leiden.
Toutes les personnes qui apartiennent à la branche de Leiden ont reçu la lettre L directement après le chiffre romain dans leurs numéros de génération.



I.C Adriaentgen vande roucke (xx1592)



           Dans le perspectif de ses recherches concernants ses ancêtres qui portaient le nom "Baccau", refugiés de Renaix à la fin du 16e siècle pour causes religieuses, J. Bekouw ,dans son livre "Bannelingen en vluchtelingen uit Ronse", a noté les noms de beaucoup de personnes émigrées de Renaix, qui étaient apparentés à la famille Baccau ou avaient des relations économique avac cette famille.

Dans le cadre de nos recherches généalogiques, nous ne pouvons que regretter que les ancêtres de J. Bekouw n'étaient originaires d'Ellezelles ou de Berchem ...
Mais ici j'aimerais quoter une remarque de Bram Coquyt, qui a fait des recherches sur les lieux d'origine des marins du VOC au 18e siècle que les marins flamnds se faisaient presque tous enregistrer comme originaire d'une grande ville, où les marins hollandais se déclaraient originaires parfois de très petits villages ou hamaux.
Sans doute, les réfugiés religieux d'Ellezelles ou Berchem ont souvent indiqué Renaix ou Audenarde comme leurs lieux d'origine.
Ainsi on trouve le prêtre de Berchem Simon van Habosch comme originaire d'Audenarde sur la liste des assemblées à la synode des protestants à Wesel en 1568, et lors de son mariage à Leiden en 1591, Bartelmeeus van Roocke a indiqué comme lieu d'origine "du Hainaut, près de Renaix".

Une des raisons pour ce comportement pourrait être que les nouveaux venus voulaient bien coopérer avec l'administration de leur lieu de refuge, mais -partiellement par méfiance, partiellement par angoisse- ne voulaient pas être trop spécifique en indiquant leurs lieux d'origine, peut-être pour éviter que ces données pouvaient être utiles pour leurs persécuteurs, et certainement pour éviter des conséquances fâcheuses pour leur famille restée.
La plupart d'entre eux était en fuite, et plusieurs aurainet été mis à mort si repris.
Pour ces raisons l'assistence d'un ou plusieurs témoins était nécessaire lorsqu'un réfugiés s'inscrivait comme bourgeois dans son nouveau lieu de résidence, pour qu'on avait au moins une certaine forme de controle sur la justesse des données déclarées.
Marcel Bakhouse, dans son livre concernant les communautés de réfugiés flamands et wallons à Sandwich à la fin du 16e siècle, attire notre attention sur le fait que c'étaient souvent les étrangers eux-mêmes qui créaient la confusion en s'enregistrant comme originaires de leurs lieux de naissance, ou du lieu de refuge où ils avaient demeuré dernièrement.
De plus, une seule personne pouvait être connue sous son nom de famille, sous un patronyme, sous sa profession, ou selon son lieu d'origine...

Déjà en 1992, Erik Verroken a trouvé la mention d'Adriaentgen vande Roucke dans le livre de J. Bekouw.

Dans les archives de Leiden, nous avons trouvé l'enregistration originale du mariage de Jan van der Hooge, origianaire de "Rontse" avec Adriaentgen vande roucke, originaire d'Alcksielandt, veuve de Jan de Man.

Jan était assisté par Jan de Ryckere, sa connaissance, les témoins d'Adriaentgen étaient Elijsabeth Buket et Jannetjen Rijsselings.
Elijsabeth Buket était la femme de Jaeckes van der Roecke, ce qui prouve incontestablement que Adriaentgen était la soeur de Jaecques.

Dans le registre des mariages de l'église des réfugiés néerlandais à Londres, le premier mars 1584, nous trouvons l'enregistrement du mariage de Jan Rijsseling de Renaix avec Pierijne Neckers de Tielt.
Dans son "étude historique sur la commune d'Ellezelles", Emmanuel de Gand a publié un chirographe de 1616, dans lequel Pier Risselin est cité comme un des sept échevins d'Ellezelles.
Le 28 novembre 1642, à Russignies, village adjacent au sudouest de Renaix, Antoine Risselin a été baptisé, fils d'Antoine et de Marguerite Van Hout. Sa marraine était Jacqueline Van Roeck.

J. Bekouw a noté le mariage d'Adriaentgen vande roucke parce que et la famille De Man et la famille van der Haeghe étaient apparentées aux Baccau de Renaix.
Willem et Tonis van der Hage étaient des cousins de Pauwels Baccau qui s'est marié à Leiden avec Mayke van Overbeek de Renaix.
Nous avons trouvé aussi bien Pauwels Baccau et Willem et Anthonis van der Haghe dans le livre "Leidens weg op" de J. Desreumaulx, quand l'auteur liste tous les personnes originaires des Pays Bas Méridionaux qui sont devenues bourgeois de Leiden entre 1573 et 1603.
Ni dans ce livre, ni dans les livres de bourgeois de Leiden, nous avons pu trouver un membre de la famille van Roocke qui s'est inscrit comme bourgeois de Leiden.

O. Delgust a découvert un acte datant de 1566 dans lequel un compromis a été conclus entre les protestants et les catholiques de Renaix.
Cet acte a été signé par 230 Renaisiens, entre qui un Jehan de Man.
Dans les comptes des confiscations du quartier de Renaix, à cause "des troubles rebellions et désordres" dressés par Jehan du Jardin, grand bailli de la ville, terre et seigneurie de Renaix, jusqu'à Pâques 1570, nous trouvons dans la liste des personnes bannies Jehan de Man, le 18 février 1570.

À Leiden, les noms des nouveaux venus étaient souvent notés phonétiquement par les scribes. Et dans le patois de Renaix, "van der Haege" est prononcé presque comme "van der Hooge" et "Verroken comme "Vrouken", ce qui implique que van de Roocke prononcé en Renaisien, aura consonné comme vande roucke.

Ainsi nous interpretons comme J. Bekouw "van der Hooge" comme "van der Haeghe" et "vande roucke" comme "van de Roocke".

Nous avons trouvé d'autres liens entre les familles van der Haege et vab Roocke :

Le 16 septembre 1600 à Leiden, Bartelmeeus van Rauken était le témoin de Jan van der Hage, tailleur de Renaix, lorce que celui-ci se mariait avec Maycken Verrijckx de Bergues st-Winoc.

Dans la version digitalisée des registres de mariage de Leiden, nous avons trouvé la mention de Marck van de Houcke, qui comme Jan van der Hage, l'autre oncle de l'époux Jan Verhaege était son témoin lors de son mariage à Leiden le 9 septembre 1589 avec Meyntgen Swevers, les deux mariés originaires de Renaix.
Le 20 juillet 1638, lorsque Jacob van der Hage, veuf de Mijntjen Swevers, s'est remarié avec Marytgen Jansdr, le témoin de l'épouse était Gryetgen Beyls.
Nous avons pu examiner l'acte original et le nom de Marck van de Houcke y est enregistré comme Marck vān Houcke, où le petit trait au dessus de la préposition "van" est l'abréviation standard pour "van der", et le nom Marck van der Houcke ressemble phonétiquement quand même très fort au nom de Marck van de Roucke.
En 1596, lorsque Lurens, la soeur d'Adriaentgen, s'est remariée à Leiden, un des témoins de l'épouse était Geertgen van der Houcke, dans cette mention les prépositions "van" et "der" ont été écrites en toutes lettres.
Linguistiquement, le nom van der Houcke n'est pas correct, ça devrait être van den Houcke.
Et ... peut-être le témoin au second mariage de Jacob van der Hage, Gryetgen Beyls, était Grietgen Bleys, la femme de Bartelmeeus van Roocke.

Ici nous nous rappelons les mots sages du linguiste feu dr. Gijseling, qui disait à Erik Verroken : monsieur Verroken, il faut lire ce qu'il y a été écrit, et ne pas s'adonner à son imagination..."
J'ose quand même faire la remarque que bien que ce propos est sans aucun doute souvent correct et très justifié, les scribes hollandais du 16e et 17e siècle possédaient eux-mêmes une dose insousestimable de fantasie !

Déjà depuis 18 ans (chaque année je dois corriger ce nombre) nous chercheons assez intensément à localiser le lieu d'origine d'Adriaentgen vande roucke Alcksielandt, aussi bien en Flandre, en Hainaut, en Hollande et même en Angleterre et en Allemagne, et plus particulièrement aux environs des communautés des réfugiés religieux.
Nous avons pu constater que beaucoup de familles qui se sont alliées avec les van Roocke venaient littéralement des lieux étrangers : nous avons trouvés des époux de Colchester et Norwich en Angleterre, de Munster en Allemagne et de Valenciennes en France. Nullepart je n'ai pu trouver le toponyme Alcksielandt.
Cela peut sembler un peu tiré par les cheveux, mais j'ai conclus que Alcksielandt est sans doute la réproduction phonétique d'une forme mutilé du mot Elzelles, prononcé un peu vagement et en patois.
Lors de son mariage Jacques van der roecke, le frère d'Adriaentgen, a été enregistré comme originaire d'Elsylle. Si le scribe a interprêté le e en patois comme une a, on arrive déjà à Alsiela, et d'Alsiele vers Alcksielandt, ce n'est qu'un petit pas.
Le fait que le scribe a aussi noté "van der hooge" et "vande roucke", semble soutenir notre thèse : le bonhomme écrivait phonétiquement ce qu'il entendait, ou ce qu'il croyait entendre.
Comme illustration l'exemple d'une Elijsabeth van Eerenthals, qui a été enregistrée à Leiden en 1693 comme Elisabeth van Eterlandt...



I.D Lurens Rocque (xx1596)



           Le 26 octobre 1596, dans l'élise wallone à Leiden, Ysaac Sable de Valenciennes s'est marié à Lurens, la veuve de Jan Delhey.

Les témoins de l'époux étaient son cousin Jaecques Verhaeghe et sa connaissance Remues van Roocke.
Les témoins de l'épouse étaient ses connaissances Geertgen van der Houcke et Grietgen Boudewijns.
Grietgen Boudewijns était la femme de Bartelmeeus van Roocke, enregistré ici comme Remues, Geertgen van der Houcke pourrait être une interprétation phonétique du nom Greetgen van de Roucke, peut-être la nièce ou une soeur de Lurens.
De nouveau nous trouvons une liaison entre les familles van Roocke et V(an de)erhaeghe.
De plus, le nom Delhey, sans doute une version Leidenienne du nom Delhaye, se traduirait en néerlandais en "van der Hage".

Cathérine Chabre a été baptisée à Leiden, le 8 juillet 1601, elle était la fille d'Ysaac et Laurence Rock. Un des témoins s'appelait Jacque Rocq.

Nous trouvons l'enregistrement du baptême d'Isaac, fils d'Isaac Chabre et Laurence Rock, le 11 mai 1601 à Leiden. Comme témoins nous remarquons Baltemier Rocq et Ilisabeth, femme de Jacque Rocq.

Le 14 juillet 1617 à Leiden sont mariés Jonas Chabre, de Leyden, et Mary Carlier de Moubeulx en Artois. Les témoins de l'époux étaient son père Isaack Chabre et sa connaissance Gillis Cormaire, les témoins de lépouse étaient sa future belle-mère Laurens Rocque et sa connaissance Jaecqueline Pieter.
Le 3 septembre 1636 Jonas Chabre, veuf de Maria Carlyer, habitant à Levendeel à Leiden, s'est remarié avec Sara Jansdr.

En 1673, à Leiden, Jannetje Louris van Velsen, la veuve de Pieter Sable, s'est rmariée avec Jacob Spijckingh.

Dans les registres des mariages de Leiden nous avons trouvé quelques enregistrements remarquables :
En 1641 Marcus de la Heye et Isabel del Port, tous deux habitants la Haerlemstraat et originaires de "Piccardye" se sont mariés.
En 1703 a été enregistré le mariage de Marcus de Hey et Lijsbeth de Bije de Leiden, habitants le Oostwestgracht.
Même en 1798 il y avait encore un Marcus de Hey, veuf de Marijtje Wassenaar, qui s'est remarié avec Pieternelletje Hoedaer.
Je suppose que ces Marcus étaient des descendants de Laurens Rocque et son premier époux Jan Delhey, et que dans cette branche de la généalogie aussi, le prénom de l'aïeul Marcus van Roocke a été transmis de génération en génération.



I.E Jan van Roocke (x1614)



           Jan est l'aïeul de la branche de Warmond.
Toutes les personnes qui apartiennent à la branche de Warmond ont reçu la lettre W directement après le chiffre romain dans leurs numéros de génération.

           À



I.F Anneken van Roocke (1614)



           En 1614, Anneken van Roocke était le témoin de son frère Jan van Roocke, lors de son mariage avec Maertge Jans.

À Leiden, le 7 août 1614, lorsque Hester Moreels de Noorwits (Norwich en Angleterre) s'est marié à Willem van den Broucke de Renaix, veuf de Martyntgen van Wingen, Anneken et Lysbeth van Roocke étaient les témoins de l'épouse.
Lysbeth était la femme de Jaecques van Roocken.

La famille van Wingen était originaire de Renaix, et comptait quelques prédicants reformateurs parmis ses membres.
En 1558 Willem van Ruok a fait un voyage aventureux de Londres vers Emden, un de ses compagnons était Godfried van Wingen (voyez une famille van Roken errante).

Annetgen van Roocke est décédée le 10 février 1626, elle habitait "in de nieuwe stadt", dans la nouvelle ville, et a été enterrée au cimetière de la Hooglandse kerk à Leiden.



I.G Marcus Rocquius



           Marcus est l'aïeul de la branche d'Amsterdam.
Toutes les personnes qui apartiennent à la branche d'Amsterdam ont reçu la lettre A directement après le chiffre romain dans leurs numéros de génération.

cliquez ici pour aller au début de ce document