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           Introduction
Dans les pages concernant la signification et l'origine de notre nom de famille, nous avons vu que les noms Verroken, Verhoken et Verhoeke sont des évolutions linguistiques du nom van der Roken.
Sur cette page nous vous proposons les mentions les plus recullées dans le temps de la famille van der Roken ou van de roke.
Déjà en 1975, après un entretien avec le linguiste dr. M. Gysseling, Antoine Verroken avait trouvé une mention du nom de famille vander Roeke en 1396 à Berchem lez Audenarde.
Il nous a fallu quelques années pour trouver la connection entre ce Jacop vander Roeke et nos ancêtres directs.
Après des recherches généalogiques intensives nous avons trouvé ces liens de parenté à Gand.
En même temps, ces quatre générations van de roke à Gand forment la connection entre la famille de le roke d'origine flobecquoise et tournaisienne, et la famille van de roke de Berchem :
Jac van de roke, qui a été enregistré à Gand en 1380, était -avec une probabilité qui touche à la certitude- le fils de Jak de le roke de Tournai, et son arrière-petit-fils Copkin van de roke était très probablement le père de Arent vander Roken, l'ancêtre direct des familles Verroken, Verhoken et Verhoeke.
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Dans les pages concernant la signification et l'origine de notre nom de famille, nous avons fait la conclusion que l'origine du nom de famille van de roke pouvait être trouvée dans la région de la langue picarde, puisque le mot roke est un mot picard, qui signifie carrière de pierre.
Nous avons pu démontrer que l'origine du nom de famille de le roke était le toponyme roke au sudouest de Flobecq, et que la famille de le roke était présente à Tournai dès le début du 13e siècle.
Nous avons constaté qu'au troisième quart du 14e siècle, les membres de la famille de le roke étaient enregistrés en Flandre comme van de roke : leur nom de famille était traduit partiellement.
Outre Willem vander roke, un bourgeois tournaisien qui avait prêté une somme d'argent contre une rente à vie à la ville de Bruges en 1379, et Jehane vander Roke qui avait prêté aux mêmes conditions une somme d'argent à la ville de Courtrai, et qui a pu être identifiée univoquement à Jéhenne de le Rocque de Tournai, le 28 juillet 1379 on a enregistré Jacop vander Roken -of Denijs- dans le registre des échevins de la Keure de Gand :
Kenlic zij dat ten vervolghe van Piers Presters so was vluchtich bekent Jacop vander Roken -of Denijs-
also men schuldich was te doene vi dG, xxviij dach in hoymaend anno lxxix"
Traduit en français :
Il parait que par la poursuite de Piers Presters ainsi est connu enfuit Jacop vander Roken -of Denijs-
comme on avait une dette à payer de vj Gd, le 28e jour du mois de fenaison l'an 79
La première constatation que nous pouvons faire est la double forme du nom de famille de Jacop vander Roken -of Denijs-.
En théorie cette forme indique que Jacop était le fils d'un monsieur van de roke et d'une dame qui s'appelait Denijs.
Cette double forme de nom de famille pouvait être utilisée pour deux raisons : pour clairement faire la distinction avec un autre Jacop vander Roken -sans doute aparenté, ou pour indiquer que Jacop était un bâtard.
Ici nous faisons la remarque que souvent les bâtards avaient des noms de familles doublés, mais pas tout le monde qui était enregistré avec une double forme de nom de famille était un bâtard!
La mère de Jacop vander Roken -of Denijs- appartenait sans doute à la famille Denijs que nous trouvons à Gand, à Tournai et à Ath.
En 1345 Jacob van Artevelde a été assassiné à Gand par les adeptes de Gerad Denijs, le doyen des tisserands.
Une fille de Gerard Denijs était mariée avec Guillaume Pillard et ce couple aurait vécu avec ses quatre enfants à Ath en 1362-'63.
Jacquemart et Jaque Pillart on rédigé leurs testaments à Tournai en 1374 et en 1413.
A Tournai, en 1382 a été enregistré le testament de Jehan Denys, en 1383 celui de Grars Denis et en 1391 celui de Nicolle Denise.
Déjà en 1289, li hoirs Pieron Denise payaient une rente au Grand Office du Cellier du chapitre de la cathédrale de Tournai pour une maison séante dans la paroisse de St.-Nicaise ... ainsi que Jakemes de le Roke, le père de Jak, le mercier.
En 1332 Pierre Denis était connétable dans la paroisse de Ste.-Margueritte, comme Jak de le roke était connétable pour la paroisse de St.-Nicaise.
Jacop vander Roken -of Denijs- est désigné comme "vluchtich bekent" : on savait qu'il avait fuit la ville de Gand, où la situation politique était très tendue.
Le comte de Flandre, Louis de Male, en 1348-'49 avait su renforcer son pouvoir, au désavantage des villes révoltantes comme Gand, Bruges et Ypres. (voyez :autres familles de le Roke).
Tous ceux qui avaient soubit des désavantages pendant le régime de Jacop van Artevelde essayaient de chercher leur vengeance.
Les tisserands devaient subir une répression très grave, et étaient économiquement, fiscalement et politiquement reprimés.
Le dernier payement de remboursement des dégâts fait par les tisserands date de 1375!
A Gand, il y avait une atmosphère de mécontentement et de tensions latentes, et la situation sociale intolérable invoquait régulièrement des éclats de troubles à Bruges et Ypres.
L'agitation sociale existait aussi à Gand, et l'épreuve de force entre le comte de Flandre Louis de Male et la population Gantoise culminait lorsque le comte donait l'autorisation à la ville de Bruges de creuser un canal avec la Lys.
Ainsi, le blé venant du Nord de la France ne passerait plus par Gand, et la ville perderait son droit d'étaple sur ce ravitaillement régulier.
Au début d'août 1379 Jan Yoens et la milice de ville de Gand, les chaperons blancs, ont attaqué les creuseurs Brugeois et ont arrêté manu militari les travaux au canal.
Cette bagarre était le début d'une guerre de 6 ans entre le comte Louis de Male et la ville de Gand.
Le comte avait donné à son bailliu Roegier van Outryve de mettre en état d'arrestation un membre des chaperons blancs.
Dans la ville les conflits culminaient et le 5 septembre 1379, balliu Roegier van Outryve a été assassiné.
(Le fils de Roegier van Outryve, chevalier Jehan d'Auterive était maié en 1349 avec Aelis Mouton,la petite fille du petit fils de Watier Mouton, le voisin et sans doute proche de Johannes de le Roke qui en 1227 prenait à bail quelques jardins dans la paroisse du Bruille à Tournai.)
Les bourgeois et les artisans riches se révoltaient contre le comte parce qu'ils voulaient améliorer leur position politique et sociale, le bas peuple exigait la justice sociale et économique et les paysans se révoltaient contre l'abus par les seigneurs locaux et les grands propriétaires terriens.
Jacop vander Roken -of Denijs-, comme fils d'un bourgeois tournaisien, et donc français, était sans doute suspect, et fin juillet 1379 il avait apparament quitté le tumulte politique de la ville de Gand.
L'acte d'juillet 1379 nous apprend que Jacop vander Roke -of Denijs- avait une dette envers Piers Presters.
Nous trouvons la famille De Prester à Berchem lez Oudenaarde, où à la fin du 14e siècle vivait aussi la famille van de roke.
En 1417 Jan De Presster était homme de fief à Berchem, en 1422 il était échevin de Berchem, comme l'était Jan van de roke.
Jan De Preester, bourgeois de Gand était marié avec Anneese van der Moten.
En 1422 Jan De Prester était tuteur des enfants de Gilis van der Moten fs Gillis de Berchem.
En 1444 les enfants de Pieter van der Brugghen d'Oudenaarde à cause de son frère Jan qui avait été marié avec Anneesse De Prester, étaient héritiers de Jan de Prester, bourgeois de Gand.
En 1477 le tisserand Gheerd De Prestere vivait dans le quartier crommenessche à Gand, à côté de Joos Tucman, une famille avec laquelle la famille van de roke avait des liens.
Le premier octobre 1477, Gilles le Presbtre, habitant à Berchem, a vendu à Jacquemart Massich la moitié de deux maisons séants dans la rue Perdue à Tournai.
Nous pouvons conclure que sans doute Jacop vander Roken -of Denijs- faisait partie de la famille van de roke, qui dans le troisième quart du 14e siècle était présente à Gand et à Berchem .
Le 14 février 1380 nous trouvons dans le registre des échevins de Gand :
Huughe vander Mersch contra Jac van de roke van den ijen payemente
omme dat hij tgeld per manu mortuum ontfanen heeft den xiv febr.
Le prénom Jac est remarquabele, littéralement étrange...
Nous avons constaté que les membres de la famille de le roke choisissaient les prénoms d'une manière classique.
Les prénoms étaient passés de grand-père aux petits-fils et de père au fils.
De génération en génération le fils ainé s'appelait Jehan, Colart ou Jakemès ou une forme variante de ces noms.
De plus, en 1332, Jakemès de le Roke, le merchier, a été enregistré à Tournai comme Jak de le roke.
Ces constatations nous mènent à la conclusion que Jac van de roke était avec une probabilité qui touche à la certitude le fils de jak de le Roke, le merchier de Tournai.
La preuve en écrit de cette hypothèse, nous ne l'avons pas (encore) trouvé, et la probabilité que cela a été enregistré est même minime.
Nous avons trouvé assez de grandes et petites indications qui soutiennent cette hypoyhèse.
Comme déjà mentionné plus haut, le nom de famille van de roke est la traduction en moyen-néerlandais du nom de famille picard de le roke.
A un certain moment un membre de la famille de le roke a donc dû venir à Gand.
Nos recherches regardant les familles de le roke dans la région où on parlait le picard au moyen âge nous ont montré que seulement la famille de le roke d'origine Flobecquoise qui s'était établie à Tournai dès le début du 13e siècle pouvait "fournir" un tel descendant.
Quand nous constatons qu'au deuxième quart du 14e siècle il y avait à Tournai un mercier Jak de le roke, il nous semble qu'il serait un excéllent candidat à être le père de Jac van de roke :
Dans son article "het Gentse meerseniersambacht (1305 - 1540)", E. Van Der Hallen nous parle de la profession du mercier.
Un mercier était un marchand dans sa forme la plus originale : ils achetaient des produits chez leurs fabricants, et ils les vendaient -le plus souvent dans une autre ville- à leurs clients.
Ils étaient "vendeurs de tout, faiseurs de rien".
Les nobles, les ecclésiastiques et les bourgeois riches étaient leurs clients.
A Gand, les merciers forains avaient la permission de vendre leurs produits en grande quantité.
Durant les foires de Gand, ils ne devaient pas payer les taxes pour leurs étals, si ils se trouvaient sur le lieu inqiqué et si les étals n'était pas plus grands que permis.
Quand un marchand quittait ou entrait une ville, il devait payer des taxes indirects sur la production et l'importation ou exportation des biens.
Depuis le 21 mars 1350 les marchands étrangers devaient payer tous les taxes pour les produits de mercerie au censier de la mercerie.
Il y avait 4 catégories de produits que les merciers vendaient :
Quand nous appliquons ces données concrètement sur les familles de le roke et van de roke, nous pouvons constater le suivant :
Toutes ces constatations confirment qu'il n'était pas invraissemblable que Jehan de le Roke, li paternostrier, et Jak de le Roke, li merchier, venait vendre leurs articles à Gand.
Souvent, les marchands internationaux et interrégionaux ouvraient une succursale permanente dans d'autres villes, où un agent d'affaires était toujours présent.
Souvent ces gérants étaient des fils, des beaux fils ou des bâtards.
Peut-être Jac van de roke s'est installé de cette manière à Gand.
Nous pouvons nous poser la question ambitieuse :
Quelle est la probabilité que la famille de merciers tournaisiens de le Roke ait détaché ses fils vers d'autres villes commerciales comme Gand, Bruges et Lille, afin d'y avoir un agent d'affaires permanent... ?
Nous vous renvoyons vers la page concernant d'autres familles de le Roke où nous parlons de quelques trouvailles très interessantes, certainement considérées de ce point de vue.
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Dans cette enregistration de février 1380, Huughe vander Mersch a déclaré qu'il a reçu le deuxième payement "per manu mortuum".
Cette expression remarquable signifie -traduite litéralement- "par la main morte", au sense étendu ce sont les proches du décédé.
Huughe vander Mersch avait donc un titre de créance sur Jac van de roke, et après la mort de celui-ci on semble avoir réglé cette affaire en deux payements.
En 1376 et 1389 Huughe vander Mersch a été enregistré dans les comptes de ville de Gand parce qu'il devait payer une amende à cause d'un attentat contre les droits patrimoniaux.
En 1381 il avait une querelle avec Lievin van Hecke et en 1387 avec Jacop van Rutegem.
En 1398 il a payé une dette envers Martin Everaerts.
En 1398 Gerom Utenhove et Hughe vander Mersch se portaient garant pour Godevert van der Bruggen.
Huughe vander Mersch avait une soeur Alijsse et un frère Gillis.
Huughe vander Mersch était marié avec Kateline, fille de Pieter de Smed van Heyne, membre d'une famille de marchands Gantois avec des contacts commerciaux à Bruges.
Le 27 janvier 1377 Huughe vander Mersch a déclaré que Pieter de Smed van Heyne lui a payé tout ce que lui avait été promis lors de son mariage avec sa fille.
En 1400 Kateline, la veuve de Huughe vander Mersch, et Gillis, son frère, ont payé une dette envers Pieter Amelric, le doyen de la confrèrie de St.-Georges.
En 1407, Gillis vander Mersch était membre de cette confrérie de St.-Georges, et en 1408 il a payé les soins médicaux pour les blessures d'Huughe.
Déjà très tôt la famille van (der) Mersch était présente à Berchem : en 1382 Arent van der Mersch avait vendu du bois qui ne lui appartenait pas, et au début du 15e siècle, les frères Lanceloot et Jan vander Mersch était bailliu et sous-bailliu de Berchem.
L'état des biens, redigé à Pamele, la ville-soeur d'Audenarde, en 1407 après la mort d'un Gillis van Merssche nous apprend que ce Gillis était marié à Jane van Roke.
A cause de la révolte Gantoise, les registres des échevins de Gand ne contiennent aucun enregistrement entre le 5 septembre 1379 et début janvier 1380.
Quand nous lisons alors dans un acte de février 1380 que Jac van de roke est décédé, il parait fort probable que Jac a trouvé la mort pendant ces troubles et que les actes d'juillet 1379 et de février 1380 parlent de la même personne.
Nous avons trouvé comme fils de Jac van de roke : Jacob, Pieter et Jan van de roke, ils avaient au moins deux soeurs.