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Parce que nous n'avons pas toujours la preuve à 100% des relations père-fils, nous vous proposons les mentions de la famille de le Roke à Tournai chronologiquement.
II.C Nicholès de le Roke (∃ 1221 → 1228)
La mention la plus vieille du nom de le Roke est celle de Nicholon de le roke, qui était un des 7 échevins de la ville de Tournai.
Nous n'avons trouvé notre ancêtre mentionné qu'en sa fonction d'échevin, dans quelques (copies de) chirographes.
Tout de même ces quelques mentions nous fournissent une quantité énorme de données :
Avant 1187, les échevins étaient nommés par l'évêque, le chapitre et les prévôts.
Quand en 1187 la ville a été placée sous gouvernance de la commune, au nom du roi de la France Philippe Auguste, l'influence de l'évêque sur l'administration urbaine a diminué.
Chaque année, "la loi" était renouvelée, par élections en quelques étappes.
Parmis les "chefs d'ostel", les pères de famille propriétaires d'une maison dans la ville, on choisissait 300 "électeurs".
Ce comité d'élection nommait 30 "éwardeurs", originaires de toutes les paroisses de Tournai, leur nombre par paroisse en fonction de l'importance de celle-ci.
Les "éwardeurs" choisissaient 30 "jurés", dont 2 étaient nommés "prévôts", et les deux collèges de 7 échevins de la cité et de St.-Brice.
Tous ensemble ils formaient "les consaux".
Quelqu'un qui était nommé échevin devait posséder une maison à Tournai, et faisait parti des "viri hereditarii", les hommes héréditaires.
En plus, les échevins devaient -même après 1187- jurer un serment de fidélité devant l'évêque, et être membre des "hommes de Sainte-Marie", les sainteurs de l'évêque.
Cette organisation datait du 10e siècle, et ses membres pouvaient garantir leur liberté personelle en jurant un serment de fidélité à la Sainte-Marie et au Saint-Eleuthère devant l'évêque.
Les "hommes de Sainte-Marie" payaient une somme annuelle, quand ils se mariaient et lorsqu'ils trépassaient.
Les membres marchands ne devaient pas payer certaines formes d'impôt qui revenaient à l'évêque comme le péage et le tonlieu.
Les échevins exerçaient la juridiction gracieuse, ils étaient responsables de la gestion des bien et le bien-être des veuves et des orphelins, et légiferaient sur certaines matières : tout ce qui touchait aux métiers, au commerce et à l'industrie était de leur compétence.
Plusieurs collègues de Nicholès de le Roke étaient vassals du châtelin de Tournai, ou avaient un titre noble ou patricien.
Puisque Nicholès ne portait pas de titre pareil, pendant qu'il exerçait quand même une des fonctions les plus importantes dans la cité de Tournai, il était certainement un homme influent.
Sans doute il était un marchand important; une supposition que nous voyons soutenue par les activités de merciers de ses descendants.
Tournai était une des villes commerçantes les plus importantes de l'Europe occidentale pendant le Moyen âge, et était affilié à la hanze de Londres par la "Charité Saint-Christophe", une organisation où s'associaient tous les marchands Tournaisiens.
Cette "Charité Saint-Christophe" représentait les marchands Tournaisiens dans les contacts commerciaux interrégionaux et internationaux, et certainement la famille mercantile de le Roke était membre de cette association.
On ne pouvait pas devenir échevin si on n'était pas majeur, et dans cette époque on atteignait la majorité à l'âge de 25 ans.
Nicholès de le Roke était échevin en 1221, 1224, 1225, 1227 et 1228. Pendant les années intermédiaires il exerçait sans doute une autre fonction dans la magistrature Tournaisienne.
Dans 9 des 12 listes d'échevins dans lesquelles Nicholès est mentionné, son nom est registré le dernier.
Cela nous permet de conclure qu'il avait le moins d'estime, sans doute parce qu'il était le plus jeune.
Nous croyons donc que Nicholès de le Roke est né au plus tard en 1196, et probablement pas beaucoup d'années antérieur à cette date.
En 1216 une grande commotion parcourrait Tournai, lorsque le malfaituer Jacques le clerc s'était retranché dans la cathédrale.
Malgré le principe d'immunité, les prévôts avaient arrêté cet homme, l'avaient sorti de la cathédrale et l'avaient fait pendre sur place.
L'évêque était très irrité par cette affaire, et quelques années plus tard, en 1227, Walter de Marvis, accepté comme arbitre dans cette dispute par la commune et l'évêché, décidait que le corps du pendu devait être exhumé et donné un enterrement honnorable.
La potence devait être brulée, et les échevins -pieds nus et en sous-vêtements- devaient demander pardon à l'évêque en public, pendant la grande procession.
Cette affaire a probablement terminé la carrière politique de Nicholès, car après 1228 nous ne le trouvons plus en fonction officielle à Tournai.
Pendant quelques générations la famille n'a plus exercé une fonction officielle, et ce n'était que vers le début du 15e siècle que nous retrouvons de nouveau la famille parmi la haute société urbaine.
Une autre conclusion très importante que nous pouvons déduire du fait que Nicholès était échevin de Tournai au début du 13e siècle, est la constatation indéniable qu'il savait lire et écrire... dans cette époque une qualité certainement pas évidente!
Cela ne fait pas l'ombre d'un doute qu'il aura passé cette érudition à ses enfants et aux générations suivantes.
A la fin du 12e et au début du 13e siècle, Tournai -et beaucoup d'autres grandes villes- se trouvait dans une phase de prospérité économique.
A cette époque peu de gens étaient originaires de la ville, la plupart était venu de la campagne vicinale, attiré par les opportunités économiques et les plus grandes garanties légales et sécurité personnelle que la ville pouvait garantir ses habitants.
Cela me paraîtrait très surprenant qu'un imigré de la première génération aurait pu réussir à l'âge de 25 ans à être tellement influent et couronné de succès qu'il était capable de devenir échevin dans une des plus grandes villes de l'Europe occidentale.
J'ose mettre en avant la thèse que la famille de le Roke était présente à Tournai au moins une génération auparavant, et qu'elle y avait réalisé, déjà vers l'an 1220, un réseau important de relations économiques et politiques.
Une petite indication, mais assez importante, pourrait être le prénom Nicholès : afin de montrer leur alliance et affection vers leur demeure nouvelle, beaucoup d'immigrants de la première génération nommaient leur premier enfant né là, après le saint patron de la paroisse où ils étaient venus habiter.
Saint-Nicolas était le patron des marchands voyageurs.
La construction de l'église St.-Nicolas avait commencé en 1153 et était achevée en 1213.
Comme cette église se trouvait dans le quartier du Bruille sur la rive orientale de l'Escaut, cela pourrait être une indication de plus que la première génération de le Roke qui était venu à Tournai, s'était établie dans ce quartier situé hors de l'enceinte urbaine.
Peut-être le père de Nicholès avait participé à la construction de cette église, comme exploitant d'une roke ou comme marchand de pierres...
Une deuxième indication que Nicholès faisait partie de la deuxième génération de de le Rokes à Tournai, est le fait qu'il y avait déjà vers 1225-1230 deux parents de Nicholès à Tournai : Johannes et Egidius de le Roke. Nous parlerons d'eux plus tard.
La thèse que la famille de le Roke était une famille de grande estime à Tournai n'est pas seulement soutenue par le fait qu'un de ses membres était échevin de la ville au début du 13e siècle, mais aussi par un autre phénomène très remarquable.
Dans son travail "Tournai ancien et moderne", A.F.J. Bozière a cherché l'oigine des noms des rues et places de Tournai.
Il a pu faire la constatation que certaines familles de grande influence ont donné leurs noms aux rues où elles habitaient.
Par exemple la famille à le Take a donné son nom à la rue à le Take, la famille de le Ture habitait dans la rue de le Ture ...
Nous avons déjà démontré qu'à la fin du 12e et au début du 13e siècle, il y avait des rokes partout dans la ville, et nous croyons que la rue de le roke a été nommé après la famille de le roke qui y habitait.
Dans un rentier de l'abbaye de St.-Martin, antérieur à 1212, ce lieu était décrit comme "viculi quod itur ad Mallos ante portam nostram" ou "viculi iuxta petrinam portam quod itur ad Mallos", la petite rue qui mène vers la rue des Maux.
Dans le rentier de 1222 le lieu était mentionné comme "viculus rupe quod itur ad Mallos", la rue de le roke qui mène vers la rue de Maux.
Dans le rentier de 1232 on le désignait comme "vicus de rupe Mallorum" ou "in rupe ad Sanctum Nicasium" ; le quartier de le roke près de St.-Nicaise.
Nous pouvons donc conclure que Nicholès de le Roke n'a pas pu tirer son nom d'un lieu qui n'a été décrit comme "rupe" ou rue de le roke qu'en 1220-'28.
De plus, nous croyons que c'était exactement la famille de le Roke qui y a commencé l'exploitation d'une roke vers cette époque.
Nous trouvons une deuxième confirmation de cette thèse à la fin du 13e siècle et au second quart du 14e siècle, quand le petit-fils de Nicholès, Jakemès, et son arrière petit-fils Jak de le roke, le mercier, possédaient effectivement une maison dans cette rue de le roke!
Sans doute Nicholès de le Roke, qui étant échevin possédait certainement une maison à Tournai, habitait déjà dans cette rue de le roke.
Mr. Bozière n'est pas venu à cette conclusion, et il supposait que la rue de le roke a pris son nom d'une carrière disparue qui s'était trouvée là jadis...
Nous avons trouvé dans un rentier du chapitre cathédral qu'en 1289 il y avait encore effectivement une roke en exploitation dans cette rue de le roke.
Dès le millieu du 13e siècle on désigne cette rue de le roke comme rue de le roke St.-Nicaise, ce qui prouve une fois de plus que ce toponyme n'était pas assez spécifique afin de désigner de façon univoque un certain lieu dans la ville.
Ludovic Nys croit dans "la pierre de Tournai" qu'il y aura sans doute eu des rokes "intra muros", mais que l'exploitation de celles-ci a dû s'arrêter vers la fin de l' 11e siècle, à cause de la croissance démographique.
L'auteur constate que les fouilles archéologiques dans la ville n'ont pas fourni des données concrètes à ce sujet.
Le toponyme roque Saint-Nicaise désignait une carrière, située un peu au sud du grand marché, qui -bien qu'elle n'était plus en exploitation- était encore visible.
Il suppose que cette roke a été commencée à l'endroit de l'enceinte urbaine à la fin de l' 11e siècle...
Dans les notes personnelles de l'archiviste Hennebert, qui sont gardées aux archives de l'état à Tournai, nous avons trouvé un cahier dans lequel cet historien érudit préparait un travail sur les rues médiévales de Tournai.
Mr. F. Hennebert a noté les dates et des fragments courts d'innombrables chirographes dans lesquels étaient mentionné des noms des rues Tournaisiennes.
Parfois il copiait le texte intégralement, parfois il faisait un petit résumé du chirographe, parfois il notait seulement la date et le nom de la rue.
Les deux mentions les plus vieilles de la rue de le roke datent de 1228!
Et vous le comprenez déjà ... Mr. F. Hennebert a seulement enregistré le nom de la rue et l'année dans laquelle ces chirographes avaient été rédigés.
Une troisième indication qui supporte notre thèse, s'est trouvée au quartier du Bruille, sur la rive de l'Escaut orientale.
Nous avons trouvé dans un cartulaire de l'abbaye de St.-Martin de Tournai, daté par nous vers 1225, que Johannes de le Roke prenait à bail 3 jardins en un lieu décrit comme "ultra Brulium" -hors du Bruille.
Quelques années plus tard, dans le cartulaire de 1232, cet endroit est désigné comme "ad rupem ultra Bruleum" -à la carrière, hors du Bruille.
Il est clair que quelqu'un -sans doute Johannes de le Roke- y avait donc entre temps commencé l'exploitation d'une roke, et on réferrait vers ce lieu comme tel.
Dans les notes personnelles de F. Hennebert nous avons trouvé qu'en 1301 un toponyme en le Roke existait au Bruille, et qu'en plus un membre de la famille de le roke y habitait : Jehan de le roke, le carpentier, y possédait une maison.
Ici aussi, le nom de famille de le Roke était nettement présent avant le nom du lieu.
Le fait que Nicholès de le Roke était échevin de Tournai en 1221, et la constatation que la rue de le roke a tiré son nom de la famille de le Roke qui y habitait nous mènent vers deux conclusions.
Nicholès appartenait à la seconde génération de la famille de le Roke présente à Tournai, et la famille de le Roke s'appelait déjà de le Roke avant qu'elle est venue à Tournai, et a pris son nom d'un autre toponyme roke.
Comme vous avez pu lire à la page web concernant l'origine de notre nom, nous avons pu situer ce toponyme au sud-ouest de Flobecq.
Làbas aussi, nous avons pu constater que Wicars et Jehans, les fils de Colart de le roke ont commencé l'exploitation d'une roke sur un terrain qu'ils tenaient en fief de sire Jehan de Pamele-Audenarde vers 1275.
Nous avons trouvé à Tournai beaucoup de personnes enregistrées en 1275 dans le Veil Rentier de Jehan, le seigneur de Pamele-Audenarde, comme hommes de fief à Flobecq.
En plus, l'abbaye de St.-Martin de Tournai possédait les dîmes de Flobecq, et beaucoup d'habitants de Flobecq auront pu entrer en contact avec la ville de Tournai par cette abbaye.
C'est dans les cartulaires de cette abbaye que nous avons trouvé quelques des mentions les plus vieilles de nos ancêtres et de notre nom de famille.
Nous avons découvert à Flobecq les frères Wicars et Jehans, les fils de Colart de le roke.
Les noms Colart et Nicholès sont identiques, et nous verront qu'il y avait à Tournai aussi un Wiart Roke, et plusieurs Jehans.
En 1232 à Tournai il y avait un Egidius de le Roke et en 1260 un Gilles. Nous retrouvons au début du 15e siècle Gilliart de le Roke à Tournai et à Ellezelles.
L'origine de la famille de le Roke peut être située au toponyme roke à Flobecq.
Parce que la vie sociale dans la ville de Tournai était beaucoup plus complexe que dans le village de Flobecq, le besoin d'une administration était plus nécessaire, et c'est pour cette raison que nous trouvons la mention la plus vieille à Tournai en 1221.
Comme il avait réussi à faire part de la plus haute société urbaine, et le fait qu'il y avait deux parents présents en ville, c'est presque impossible qu'il appartenait à la première génération de de le Rokes à Tournai, et pour cette raison nous lui accordons le chiffre de génération II.
I. ou II.A Johannes de le Roke (∃ ca 1227)
Dans le plus vieux rentier conservé de l'abbaye de St.-Martin de Tournai, on a registré à la page 17 que Johannes de le Roke a acquéri de Alardus de Vesenchiel le bail de trois jardins, séants au Bruille, sur la rive est de l'Escaut.
Nous concluons, en observant les autres noms registrés sur les pages 16 et 17 de ce vieux rentier, et des données supplémentaires trouvées dans les notes personelles de Léo Verriest -conservées aux archives d'état à Mons- que cette mention peut être dattée entre 1220 et 1230.
Les voisins de Johannes de le Roke étaient des gens de grande importance à Tournai :
Nous avons pu constater dans d'autres villes que la classe bourgeoise la plus haute s'est approprié des meillieurs terres dans des nouvelles zones d'expansion. Sans doute ici nous sommes témoins de ce phénomène à Tournai.
Dans les notes personelles de Léo Verriest, nous avons trouvé une transcription du rentier précédent, daté au plus tard 1212.
Il n'y avait pas de mentions du nom de le Roke dans ce rentier...
Dans les deux rentiers, nous retrouvons le nom de Willelmus a Longeville, qui payait une rente à l'abbaye de St.-Martin pour 8 jardins au Bruille. Tous les autres jardins ont des possesseurs différents.
Le rentier suivant date de 1232.
Ce qui nous mène à la conclusion que le rentier date de la période entre 1212 et 1232. Si nous accordons au moines un certain degré d'ordre et une gestion régulière de leurs affaires, nous pourrions faire un pari sur 1222.
Nous croyons donc que Alardus de Vesenchiel a payé à l'abbaye de St.-Martin une rente pour ces trois jardins en 1222, et que Johannes de le Roke a continué à payer cette rente dès 1225 à 1230.
Cette enregistration nous permet de constater que Johannes de le Roke, Alardus de Vesenchiel et la famille Mouton étaient probablement apparentés. Au Moyen-Age des transactions pareilles ne se faisaient qu'entre familles liées par marriages et coopération économique.
Brictius li motons était le fondateur de la lignée Moton, en origine appelée de le Bruyere, et originaire de Celles-Molembaix.
Cette famille a exercé pendant des décennies des fonctions de magistrat à St.-Brice.
Nous remarquons explicitement que le prénom de Brictius le Mouton était le même que celui du patron de la paroisse où il était échevin... donc où il habaitait, et sans doute était né.
Dans le cartulaire de l'hôpital de notre Dame à Audenarde, il y a un acte de 1285 dans lequel Jehan de Gavere, seigneur d'Escornaix et (entre autres) de Berchem, déclare qu'il avait ordonné son bailliu de Berchem de mettre en possession l'hôpital de Notre Dame d'Audenarde d'une rente annuelle de 8 razures de blé sur une terre et un manoir en un lieu appelé "hellebruec, gisant en la paroche de Quarmont", vendu par Gillion Mouton de Tournai.
Gillion Mouton avait acheté cette rente de Gillion d'Orke.
Exactement à cet endroit "heylbrouc", en 1501 Arent van der Roken tenait en fief une tere du seigneur de Gruuthuuse...
Comme son arrière grand-père était échevin de Berchem en 1422, nous supposons que la famille van de roke étaient des hommes de fief de Berchem...
Pourrions-nous conclure alors que les familles Tournaisiennes de le roke, Moutons et d'Orke possédaient déjà au 13e siècle des rentes, des fiefs ou des terres à Berchem?
Vu que plusieurs des voisins de Johannes étaitent des échevins en collègue avec Nicholès de le Roke, ces deux personnes étaient sans aucun doute des parents très proches...
Nous pouvons nous poser la question si Johannes a pu posséder ces jardins au Bruille parce que Nicholès était échevin de la Ville de Tournai, ou était-ce exactement parce que Johannes avait des très bons contacts (et peut-être des liens matrimoniaux) avec ses voisins puissants, que Nicholès de le Roke a réussi à exercer la fonction d'échevin de Tournai...
Dans cette période nous devons souvent baser des grandes conclusions sur des détails...
Une des constatations que nous pouvons faire concernant les mentions de la famille de le Roke à Tournai, est le fait que beaucoup de ces personnes s'appelaient Jehan ; dans la troisième génération il y en avait trois.
Au Moyen Age beaucoup de familles suivaient la coutume que le prénom du "pater familias" était donné à chaque fils premier-né.
Nous avons pu constater que les familles de le Roke et van de roke ont continué à pratiquer cette habitude.
En hommage et par respect pour son père, beaucoup de fils ont appelé leur premier fils après son père.
En règle, le deuxième fils était nommé après le père de sa mère.
La fille la première née, portait alors le même prénom que sa grnde-mère maternelle.
La fille suivante était alors apellée comme la mère de son père.
Après on donnait les noms du père et de la mère même.
Quand un des enfants les plus agés trespassa, le premier enfant qui était né était baptisé avec le même nom, en mémoire du frère ou de la soeur décédé.
Ainsi, on trichait la mort, et on espérait que les bonnes qualités du décédé allaient passer au nouveau né.
Quelques fois on donnait au baptisé le nom d'un petit frère ou petite soeur très malade, et quand cet enfant guériqqait tout de même, il y avait deux enfant au même nom dans une famille.
Ainsi, à la fin du 14e siècle, dans la famille de Jehan de Bruyelles - Jehenne de le Rocque, il y avait à coté du père de famille, aussi deux enfants du nom Jehan de Bruyelle.
Dans le liber amicorum offert à Johan Decavele, M. Boone et I. SChoups vont encore plus loin.
Dans leurs dissertation "Jan, Johan en Alleman ..." ils posent la thèse que le choix du prénom d'un nouveau-né était une affaire des grand-parents.
Ce qui augmentait la chance d'un choix de prénom plus conscient.
Un prénom révèle beaucoup : au dessus de la charactéristique univoque du porteur du nom, le prénom indique l'acceuil dans la famille, et l'intégration dans la classe sociale à laquelle la famille appartenait.
Le prénom était lié au sentiment d'honneur collectif de la famille, et était le reflets de certaines normes et règles de comportement et les attitudes communes honorés par la famille.
Complètement différent qu' aujourd'hui, que les parents d'un nouveau né pensent ou espèrent être original en choisissant des prénoms bizars, en suivant souvent involontairement une certaine mode, le choix et le don du prénom au Moyen Age était une affaire de famille très importante et très conscient.
Michael Bennet a remarqué que le passage du prénom du grand-père au petit-fils était responsable pour le fait que, dès le 12e siècle la diversité des prénoms a diminué.
Dès le 14e siècle il y avait une tendence générale par tout en Europe vers une variation limitée dans les prénoms, avec les noms des saints les plus importants en premières positions.
Les crise de mortalités très graves au milieu de ce siècle ont certainement contribué a précipiter ce processus.
Le nombre de prénoms d'origine Germanique a dramatiquement diminué dès 1300 dans les régions Flamande et Picarde.
A la fin du 15e siècle, presque 45% des hommes Français s'appelaient Jean...
Nous pouvons constater qu'il y avait dans la famille de le Roke une grande concentration de Jehan, Jak et Colart, et que ces noms revenaient génération après génération.
Le fait qu'il y avait trois Jehan de le Roke différents dans la troisième génération indique incontestablement qu'ils étaient tous les trois petit-fils d'un Jehan de le Roke.Même sans avoir trouvé la preuve sûre à 100% par écrit, nous pouvons conclure que le de le Roke le plus vieux a du s'appeler Jehan.
Nous le considérons comme le père de Jehans, Egidius et Nicholès de le Roke.
Ce Johannes de le Roke était donc l'ancêtre le plus lointain de la lignée de le Roke.
Il est né probablement entre 1160 à 1170, et décédé vers 1230, il avait des terres a Tournai, au Bruille.
C'est dans cette période que les noms de famille sont devenu héréditaires.
Par sa participation à l'économie urbaine et complexe de la ville de Tournai, et la nécessité conséquente d'être identifiable d'une manière univoque, il a sans doute été le premier à être désigné par le nom de le Roke par les autres participants à cette économie et société urbaine.
Comme Erik Verroken l'a décrit d'une manière saillante, la famille de le Roke était à la fin du 12e siècle "une famille (re)nommée", et les descendants de Johannes de le Roke ont passé avec fierté jusifiée ce nom de génération en génération.
II.B Egidius de le Roke (∃ 1232)
Dans le rentier de l'abbaye de St.-Martin de Tounai, nous trouvons le nom de Egidius deleroke
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La rue de la cordonnerie se trouve encore aujourd'hui tout près de la cathédrale, et dans le rentier de 1212 elle était désignée comme "vicus cordubanerie subtus templum Sancte Marie".
Au Moyen Age, tous les gens qui exerçaient la même profession, habitaient dans la même rue.
Dans cette rue habitaient donc les cordonniers, et nous pouvons conclure que Egidius était cordonnier.
Nous n'avons pas pu trouver plus de données concernant le cordonnier Egidius de le Roke.
Sans doute il était un parent très proche (frère, cousin ?) de Nicholès et (fils, neveux ?) Johannes de le Roke.
Nous retrouverons son prénom dans les générations suivantes chez Gilles de le Roke en 1282 et chez Gilliart de le Roke qui en 1407 se trouvait aussi bien à Tournai qu'à Ellezelles.
Sans doute ils sont les descendants directs d' Egidius.
Après la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, l'archiviste Léo Verriest, dans le cadre de sa recherche de ce qui restait des chirograhes Tournaisiens avait reçu une lettre de M. Jurand, le bibliothécaire de la bibliothèque Méjanes à Aix-en-Provence.
Mr. Jurand avait fait une transcription d'un chirographe de janvier 1257, dans lequel on peut lire que Jehans de Lerac li pères et Jehans ses fiusavaient vendu une rente à Paien de le cure.
Cette transcription se trouve dans les notes personelles de mr. Verriest, conservées aux Archives d'Etat à Mons.
Mr Verriest a corrigé "de le cure" en "de le ture", mais ne savait pas quoi faire avec le nom "de Lerac".
Comme Mr. Jurand était sûr qu'il pouvait lire "de le", et avait seulement des doutes concernant la syllabe "rac", nous supposons qu'il s'agissait dans ce chyrographe de père et fils Jehans de le roc.
La rente mentionnée dans ce chyrographe touchait deux maisons avec terres voisines, séantes dans la rue de le Vigne, dans la paroisse Saint-Piat à Tournai.
Il est fort improbable qu'il y avait une vigne dans la cité médiévale densement urbanisée qu'était Tournai.
Sans doute cette rue avait été nommée après la famille de le Vigne.
En 1275 Baudet de le Vigne a été registré dans le Veil Rentier : il payait une rente pour un fief à Flobecq, en un lieu nommé "le vigne"...
En 1294 et 1300 un Paien de le Ture a redigé son testament à Tournai. Comme tous ces testaments ont été brulés, nous ne pouvons pas savoir si c'était deux fois la même personne, et quel était le contenu de ces testaments.
Dans les notes personelles de mr. Léo Verriest, nous avons trouvé une photocopie du testament de Jehan Gargate, de 1339, dans lequel sont mentionnés : Jakemes de le Roke, mercier, et Paien de le Ture.
Nous constatons que les familles de le roke et de le ture apparteneient à la même classe sociale, et avaient des relations communes.
Il est donc fort probable que le chyrographe de 1257 concerne la famille de le roc.
Dans les notes personelles de Léo Verriest, se trouve aussi un certain nombre de photocopies de transcriptions de chirographes, faites en la deuxième moitié du 19e siècle.
Nous pouvons supposer que ces transcriptions sont correctes mot à mot, comme l'archiviste F. Hennebert les a approuvées de sa propre main "pour copie conforme", signées par "l'archiviste Fred. Hennebert" et cachetées de "archives de Tournai".Le chirographe copié nous parle de Gras li Quatis, qui, en janvier 1260, donnait de retour "bien et loiaument" à Giervais de le Roke les rentes sur 4 enclos de terre.
Ces 4 enclos avait été en possession de Wllestecke (sic) et Watier le burier.
Mehaus Burier était le débiteur de 70 "fais de warants" par an, payable en deux fois. Ses fils, Simon et Wathelet en sont "pleges" -garants.
Gras li Quatis a rendu et "mis en main" à Giervais de le Roke les sommes qu'il avait reçues et les droits sur ces 4 enclos.
Cette acte a été rattifiée par Jakemes Costars comme voir-juré, il était le juré qui avait pris communication de la promesse de payement entre les deux parties.
Lambiert de Raisse et Gosses Liénart étaient les "autres hommes", les témoins qui connaissaient les deux parties.
L'acte a été passé devant l'échevinage de St.-Brice.
Nous avons trouvé une autre transcription du même auteur, avec les mêmes signatures et cachets, d'un chirographe qui date de décembre 1260, et qui concerne les conséquences d'un meurtre, et les mesures prises pour arrêter l'inimitié et l'animosité qui en surgissaient...
Baudes le Burier avait tué le fils de Jehan Costart, et suivant l'ordre des prévôts, les jurés et l'assemblée générale de la ville de Tournai, un "quartier de tiere, pau plus u pau moins, qui gist viers la fourkes el Bruille" a été vendu comme indemnité.
Ce quartier de terre se trouvait entre la terre de Lambiert de Rasse, celle de Rogier as vakes et une masure qui se trouvait "à le roke", qui servait de maison à Wauton le Burier.
L'acheteur était Cholart del mortier.
Vraisemblablement, les sommes d'argent générées par les rentes que possédait Giervais de le Roke sur l'enclos de Watier le burier, avaient été confisquées par conséquence de ce meurtre.
Le chirographe de janvier 1260 confirmait que -probablement après une investigation judiciaire- Giervais avait reçu de retour ses droits et les sommes touchées par Gras li Quatis.
Le deuxième chirographe nous apprend que ces enclos se trouvaient dans le quartier du Bruille, "à le roke".
Sans aucun doute c'était le même endroit où se trouvaient les trois jardins pour lesquels Johannes de le Roke avait payé une rente à l'abbaye de St.-Martin vers 1225, et où il avait commencé l'exploitation d'une roke!
Gervais était donc certainement un descendant direct de Johannes.
D'autres chirographes, publiés par Armand d'Herbomez, nous apprennent que la famille li Quatis était déjà présente au quartier du Bruille en 1207 : Jehans li Quatis reconnaissait alors une dette envers le prêtre Jehan Bocet.
Dans cet acte, Jakemes Costars était voir-juré, et Lambiers de Raisse et Jernouls Kiersemake autres hommes...Nous avons rencontré tous ces noms dans les chirographes de 1260.
En 1212 Jehans li Quatis, fius Jehans Quatis qui fu, reconaissait un dette envers sa tante Katherine.
Dans un autre chirographe, Wautier Mouton était "autre homme" pour Jehans li Quatis.
Un chirographe datant d'avril 1263, copié par Mr Gilissen en 1888, nous apprend:
Henris li Grans a vendu, au nom de Pieronne et Marien, filles de feu Baudon Rousiel, une maison et hirétages, sises au rue des Corriers, entre la maison de Jakemon li Bouclier et l'hirétage de Baudès li Vakier, à Biertrans Sains Dieu. Sur cette maison étaient posés certaines droits et rentes :Biertrans Sains Dieu devait payer chaque année une rente d'un florin artésien à la Table du Saint-Esprit.
Il devait aussi payer une cense de 6 louis au reffectoir du chapitre de la cathédrale, une rente annuelle de 6 pars et 2 capons, et le pret d'une fourche.
Au Noel, une rente annuelle de 1 capon et 2 louis devait être payée à Jehan Deleroke.
Baudes Vakier témoignait devant les échevins qu'il devait encore payer cette rente, mise sur un hirétage tenant à sa maison.
Comme Jehan Deleroke avait une rente sur une maison, sur laquelle le chapitre cathédral possédait une cense aussi, il a du être sainteur de ce chapitre, comme son père Nicholès, étant échevin, l'avait été certainement.
C'était sans doute ce Jehans qui, avec son frère Wicars, li fix Colart de le Roke tenait en fief en 1275 un pré dans le bois de Pottelbergh à Flobecq.
Dans le tome XII des Mémoires de la Société Historique et Littéraire de Tournai, J. Vos a publié le cartulaire de l'abbaye Tournaisienne de St.-Médard, ou St.-Nicolas-des-prés.
En février 1272, un acte a été rédigé devant les échevins de "Kalone", dans lequel sont dénombrées les rentes que l'abbaye de St.-Nicolas-des-prés avait dans cette commune, qui se trouve un peu au sud de Tournai.
L'abbaye avait acheté une parcelle de terre de Dame Annies dele Roke.
Annies dele Roke possédait encore une terre "ki gist enviers Antoing", et en payait deux louysiens de rente à l'abbaye.
Les terres qui se trouvaient entre les deux parcelles de dame Annies de le Roke sont décrites par le toponyme "le roke le Moigne".
Nous pouvons donc conclure que les terres d' étaient situées près d'une roke et que sans doute elle -ou son mari- a participé à l'exploitation de cette roke.
Comme échevins de Calonne étaient nommés : Jehan Fures, Morkedens, Vincans de Kalone et Willaumes Renars.
Le nom de la famille Morkedens nous allons rencontrer plus tard, chez Gommer de le Roke.
Ils étaient les exploitants de la roke Calenelle, située entre Cherq et Calonne.
Le terme "dame" désigne que Annies de le Roke était veuve.
Comme nous n'avons qu'une mention de dame Annies de le Roke, nous pouvons seulement soupçonner qu'elle était la veuve du père de Gommer de le Roke.
Le "registre des faides", de la période 1273-1280, était un livre dans lequel les jurés Tournaisiens faisaient noter leurs sentences concernant les hostilités entre familles.
Les jurés essayaient de résoudre la discorde et de garder la paix, en ifligeant des amendes, des interdictions et des obligations aux parties.
A la fête de la Pentecôte en 1274, Baudès Roke, li tendere, a du prononcer un serment sollennel aux jurés ,en plein public devant le beffroit sur la grande place de Tournai, qu'il ne ferait pas de mal corporel à Monnart li Vent.
Apparemment, Monnart li Vent avait ses raisons pour croire que Baudès Roke allait tirer vengeance par violence physique, et l'avait mentionné aux prévôts et jurés, afin d'empêcher cela.
Nous ne connaissons pas la cause pour laquelle Baudès Roke aurait pû avoir des sentiments rancuneuses envers Monnart li Vent.
En 1280 Monnart li Vent a fait la paix avec Mahieu de Winebieke, et les jurés avaient ordonné à Monnart de faire un pélérinage vers Boulogne.
Peut-être les menaces que Baudès Roke avait prononcé envers Monnart li Vent étaient relatées à cette affaire...
Encore en 1280 Monnès li Vens a été condamné à une amende de 20 sous, pour infractions des lois communales, et de 50 sous pour petite criminalité.
Baudès Roke était désigné spécifiquement par sa profession : "li tendere".
Quand l'étoffe de laine sortait du métier à tisser, on pouvait encore distinguer clairement les fils de chaîne et les jets de trame.
Les foulons travaillaient les étoffes de telle manière qu'ils feutraient et se rétrécissaient.
Ainsi on obtenait une étoffe égale, dans laquelle on ne pouvait plus distinguer séparément les fils de chaîne et de trame.
Un "tendere", ou tendeur, tendait les étoffes feutrés sur des grands cadres de bois, pourqu'ils ne se déformeraient pas en sêchant.
Après ce traitement, les étoffes étaient souvent cardées avec le chardon à foulon, peignées et rasées, afin d'obtenir une surface encore plus unie.
Baudès Roke était le premier de nos ancêtres qui travaillait dans l'industrie textile.
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Sur la peinture "vue panoramique de Gand" de 1534, on peut très bien remarquer ces cadres avec les étoffes tendus dans les prés de sêches, juste en dehors de la ville.
Le nom de famille de Baudès était registré sans le préfix et sans l'article.
Ce phénomène n'est pas inusité, mais quand même assez rare.
Dans le livre des bourgeois forains de la ville d'Ath de 1365, un Baudes Roke a été inscrit, originaire de Buissenau, une commune voisine de Flobecq!
Dans le "registre des faides" de 1275, publié par Walter de Bénary, nous avons trouvé une mention concernant Jehan de le Roke, le paternostier.
Jehan li Arriers et Jakemins li Sieliers de le Lormerie ont assuré la paix à Jehan de le Roke, le paternostier, et à sa partie.
Parce que cette promesse a été faite par devant la loi de la ville, une procedure en vigueur lorsqu'un fonctionnaire de la ville était une des parties, nous sommes surs que Jehan de le Roke, le paternostier, avait une fonction officielle dans la ville de Tournai.
Nous n'avons pas trouvé son nom dans les listes de la haute magistrature, et nous ne savons pas encore quelle fonction Jehan exerçait.
Jakemins li Sieliers apparemment n'avait pas un nom de famille héréditaire, et il était identifié de façon univoque en spécifiant sa profession et la rue où il habitait.
On appelait "lormerie" les produits fabriqués par les cloutiers, les éperonniers et les selliers.
Les lormiers s'étaient groupés dans la rue de le Lormerie (aujourd'hui rue des chapeliers), tout près de la rue de le Cordewanerie où habitaient les cordonniers.
Beaucoup de ces artisans avaient besoin de cuir, et il s'agit ici sans doute du même Jehan qui, en 1263, possédait une maison dans la rue des Corriers.
Jehan de le Roke était paternostier.
Nous pouvons lire dans l'article de E. Van Der Hallen concernant la profession des merciers Gantois (1305-1540), que des paternosters de Milan, des chapelets fabriqués d'ambre ou de corail, étaient importés par les merciers Toulousiens à Tournai.
De Tournai les merciers Tournaisiens les distribuaient dans les Pays Bas.
Sans doute Jehan de le Roke, le paternostier, était un de ces merciers.
Nous parlerons plus profondément de la profession de mercier quand nous vous ferons connaître Jak de le roke, li mierchier, sans doute le petit-fils de ce Jehan de le Roke, li paternostier.
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Léo Verriest a publié en 1905 "Les registres de justice, dits registres de la Loi".
Par cette publication, il nous a conservé les textes in extenso des registres des années 1275-'76, 1279-'80 et 1280-'81.
Dans la préface Léo Verriest nous parle de l'importance inestimable de cette série unique de registres Tournaisiens, qui couvrait de façon presque ininterrompue la période de 1313 à 1570.
Aussi bien la généalogie, l'histoire politique, l'histoire économique, l'histoire du droit, la philologie, la folklore, etc. pouvaient y trouver des données précieuses.
Il a exprimé l'espoir qu'après la publication des trois registres les plus vieux, on publierait aussi les autres registres de la série.
Quand il a découvert dans les archives le registre de 1302, Léo Verriest l'a immédiatement publié...
Hélas, les autres registres ont tous péri en 1940 pendant l'incendie qui a été causée par le bombardement de la ville de Tournai en mai 1940.
C'est inimaginable ce que nous aurions pu trouver dans les registres perdus!
Chaque registre commençait le 13 décembre, la fête de Sainte Luce, par la liste des magistrats de la ville.
Après la liste des magistrats suivaient les noms des personnes qui ont été accepté comme bourgeois de Tournai pendant cette année.
Ces bourgeois étaient des gens venus de la campagne, qui venaient à Tournai afin d'y exercer librement leur metier.
Les nouveaux bourgeois devaient être présentés par un parain, bourgeois de la ville lui-même.
Il dvaient prêter un serment solennel, et payer une somme, rélative à leur position sociale; un chef de famille devait payer une somme minimale.
Les fils de bourgeois ne devaient rien payer au moment où il recevaient leurs droits de bourgeoisie.
Si quelqu'un était puni par la perte de sa bourgeoisie, c'était rarement définitif; après payement d'une somme, le "rachat de bourgeoisie", à chacun des 30 jurés, on pouvait obtenir de nouveau ses droits et privilèges de bourgeois. Cette somme de "rachat" pouvait monter à 5 livres par juré!
Après les listes des magistrats et les nouveaux bourgeois suivaient les condamnations à cause d'infractions des lois communales.
Les amendes normales étaient 20, 40, 50, 100 ou 200 sous, les amendes extraordinaires pouvaient monter jusqu'à 60 livres ou 100 marcs (il y avait à Tournai une famille Centmarcs, et à Gand une famille Honderdmark, qui ont peut être reçu leur nom "grâce" à une amende pareille), le bannissement pouvait être infligé pour 1, 3 ou 7 ans, et le punissement le plus sévère était le bannissement perpétuel.
Suivaient les noms des "cachiés à cloke".
Dans la "Revue Tournaisienne" de 1914, Léo Verriest a consacré un article aux "cachiés à cloke" :
En langue Picarde, le verbe "cacher" signifie "chercher".
Une "cache à cloke" était une expédition armée menée par un prévôt de la ville, avec le but de chercher un malfaiteur et de l'ammener à Tournai afin d'y subir sa sentence.
Qunad sonnait la cloche -la cloke- tous les bourgeois armés devaient se rendre à la grande place pour accompagner le prévôt.
Absence était puni par une amende de 10 livres et la perte de sa bourgeoisie.
Généralement le malfaiteur cherché avait commis un attentat sur une personne qui se trouvait en danger de mort ou qui était décédée à cause de ses blessures.
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Le grand sceau de la commune de Wailly de 1281 nous montre le maire à cheval, suivi par une infanterie armée de piques.
Il nous donne une bonne idée de ce qu'était une cohorte communale qui partait en combat.
L'initiative d'une "cache à cloke" était prise par les proches de la victime, qui portaient plainte par devant les prévôts ou les jurés, et qui indiquaient le lieu de résidence du malfaiteur.
Le collège des jurés et prévôts pouvait alors décider si une "cache à cloke" serait organisée.
Une "cache" ne pouvait durer qu'un jour, du lever jusqu'au coucher du soleil, et pour un certain attentat on ne pouvait organiser qu'une cache.
Si le collège des jurés et prévôts décidait d'organiser une "cache à cloke", les hérauts déclamaient le jour où elle allait avoir lieu .
Ce jour-là, les deux grandes cloches du beffroit, la "bancloke" et le "wigneron", étaient sonnées et les bannières montées.
Tous les bourgeois arrêtaient leurs besognes et se rendaient vers la grande place.
Le récit d'une "cache" entreprise en 1217 nous raconte que le prévôt chevauchait en tête, suivi par les jurés et les échevins, les éwardeurs et tous les hauts fonctionnaires de la ville, à bannières levées. Puis venaient les riches bourgeois, cinglés dans leurs armures.
En suite, à pied, la masse des petits bourgeois, armés d' arbalètes, de piques, de dagues, de bâtons ferrés ou de sayettes.
Au signal donné la cohorte se mettait en marche vers le lieu où on soupçonnait que le malfaiteur se trouvait.
A proximité de cet endroit, un ban spécial était crié, afin de convaincre le "caché" à se rendre.
Lorsque le malfaiteur était capturé, on lui mettait "le hart au col" et la cohorte armée l'ammenait à Tournai.
En cas de homicide, le coupable était mené devant le tribunal qui prononçait la sentence -souvent la mort.
Si la victime n'était pas morte, le malfaiteur était mis en prison, en "kainnes" ou "karkan", jusqu'au moment où les médecins de la ville avaient décidé que le navré n'était plus en danger de mort.
La sentence pouvait alors être le payement des frais médicaux, la perte des droits de bourgeoisie ou un pélérinage.
Déjà en 1914 l'auteur n'avait plus toutes les données, et il ne pouvait désigner qu'une quarantaine de lieux vers lesquelles on avait organisé des "caches à cloke" entre 1217 et 1328.
Une "cache" en 1277 avait mené les Tournaisiens armés vers Escanaffles, en 1280 vers Schorisse et en 1287 vers Celles.
Comme tous ces documents ont été brulés en 1940, il nous est impossible de découvrir quels malfaiteurs on poursuivait alors...
A Tournai, comme à Gand, Bruges, Ypres, Valenciennes et Lille, vers 1275 les artisans ont causé des troubles parce qu'ils voulaient participer dans la gestion de leur ville.
Pendant ces troubles beaucoup de vieilles rancunes entre des familles patriciens avaient repris feu.
Quand les révoltes étaient soumises, et la classe qui tenait le pouvoir avait rétabli l'ordre, une répression sévère était menée.
C'est probablement dans ce context que nous devons placer le crime de Jehan de le Roke.
Par manque de plus de données, il nous est impossible de désigner avec certitude de quel Jehan de le Roke il s'agit, mais le fait que nous avons déjà trouvé le nom de Jehan de le Roke dans le registre des faides de 1275, semble quand même confirmer que les hostilités entre la famille de le Roke et certaines autres ont culminé en cette année en violence corporel...
En la même année, le jour après la fête de St.-Barnaban l'apôtre, une "cache" était organisée à la recherche de Willaumes Gargatte, parce qu'il "courut sen keval el markiet de se propre volontet et mist 1 garchon en peril de mort et navera griement et n'avoit el markiet adont nueche, ne avonture, ne fiestes, ne behourt".
Entre autres Jehan, le fils d'écuyer Alart de Haudion, Colins Boukine et Jakemars Lapars étaient "cachés à cloke" en 1275, tous des noms que nous avons déjà rencontrés, ou que nous alons rencontrer en relation avec nos ancêtres plus tard...
Parmis les rares pièces d'archive originales de la ville de Tournai qui ont survécu le temps et le feu, nous avons trouvé trois vieux rentiers de la paroisse St.-Piat, qui datent d'environ 1280.
Un de ces rentiers concerne les rentes sur des maisons qui se trouvaient dans la paroisse de Ste.-Cathérine, qui venait d'être séparée de celle de St.-Piat.
Dans la "ruelette si con va as freres", Baudouin de le roke possédait une maison pour laquelle il payait une rente à la paroisse de St.-Piat.
Cette maison se trouvait entre celle de dame Kateline li Bouchière et vis à vis des maisons de Jakemon li neccre et Thumas Fromont (échevin de la cité de Tournai).
Amourris Briffaus était le locataire de la maison de Baudouin.
La "ruelette si con va as freres" était la rue des Freres Mineurs, aujourd'hui la rue des Recollets.
Ce Baudouin de le Roke pourait être le même que Baudès Roke, ou un cousin.
Dans les livres des bourgeois forains de la ville d'Ath, nous avons trouvé un Baudes de le Rocque et un Bauduin de le Rocke de Montigny en 1363 et 1364, et en 1365 un Baudes Rocke de Buissenal, une commune voisine de Flobecq.
Sans doute tous ces Baudouins appartenaient à notre famille.
Dans les deux autres rentiers de la paroisse de St.-Piat, on peut trouver "les rentes dou lummare Saint-Piat en estet" et "les etats de revenus des rentes en yvier", ils étaient apparemment un rentier d'été et un rentier d'hiver.
Dans les deux livres nous trouvons Gommer et Commer de le roke, qui payait 18 deniers de rente pour un pré à Calonne, "con appiele le commun pret".
Jehans Morkendieu et Vincans godins louaient ce pré, plus tard Agnes Morkendieu et dame jehane le carliere en étaient les tenancières.
Jehans Morkendieu était échevin de Calonne en 1272, et la famille Morkendieu menait l'eploitation des carrières de Calenelle, siuées entre Cherq et Calonne, au sud de Tournai.
Il y a des indications que cette roke était déjà en 1282 en possession de l'abbaye de St.-Martin de Tournai.
En 1314 Pierre de Saint-André et Jean li Clerc, dit Morkendieu, étaient les exploitants de cette roke, en 1330 c'étaient Jakemes et Antoine de Morkendieu.
Dans le registre de la loi de l'année 1280-'81, publié par Léo Verriest, on a registré que Jehennés de le Roke, c'on dist Canteriel devait payer une amende de 10 livres, et il perdait ses droits de commune, parce qu'il avait appelé Laperiel un "traiteur" en plaine halle, devant les prévôts et jurés.
Il de vait payer une amende de 40 sous à chacun des 30 jurés, et on lui avait infligé une deuxième amende de 10 livres.
La sentence suivante était une amende comparable pour Jakemes de Bruiele. Il a été condamné à payer 10 livres d'amende, perdait ses droits de bourgeois "à l'amende des jurés", parce qu'il avait crié des injures à quelqu'un en pleine halle, devant les jurés.
Nous pouvons dater ces deux sentences entre le 16 juin et le 19 août 1281.
Entre le jour de fête de Saint-Mahiu et le 10e jour d'octobre 1281, Jakemes de Bruiele, li pareres, était condamné de nouveau une amende de 10 livres, perdait de nouveau ses droits de commune, et devait encore payer 40 sous aux 30 jurés, parce qu'il avait injurié son counestable.
L'amende de 10 livres était souvent couplé à la perte des droits de bourgeoisie, et était infligé à cause de violence envers des bourgeois de Tournai, ou leurs enfants -même hors de la juridiction de Tournai-, l'endommagement de leur maison, le contact avec quelqu'un qui avait causé des dégats ou des pertes à un bourgeois de Tournai, un témoignage faux, un insulte d'un membre de la magistrature ou leurs agents, la désapprobation ou la critique envers une décision prise par les consaux...
Le registre de la loi de l'année 1275-'76 nous apprend que Jakemins Lapars avait été "cachiet à cloke", comme l'avait été Jehan de le Roke.
En la même année, il avait été condamné à une amende de 10 livre "pour assaut".
En 1278 il a fait la paix dans la halle de Tournai avec père et fils Jehan le Blètepoire.
Laperiel et Blètepoire devaient faire un pélérinage vers Warnieville, et devaient y participer à la procession.
En 1280 Jak. Lapars devait faire de nouveau un pélérinage vers Warnieville, parce qu'il avait frappé un valet.
Le 16 mai 1281 Jakemes Lapars à été condamné à payer une amende de 40 sols. Le 5 septembre 1281 Colars Blètepoire et Hues Bierenhier ont du payer 40 sols. La nuit de la conversion de Saint-Paul, Jehans Sains Dieu et Hanoke Bierenghier ont été condamné à payer 100 sols.
La nuit de Saint-Pierre, début août 1282, Jehans Lapereaus à été condamné à une amende de 100 sols, et deux lignes plus loin Jehan Chantereau avait encouru deux amendes de 100 sols...
Probablement ce Laperiel appartenait à la basse magistrature de Tournai, et Jehennés de le Roke a été condamné à l'amende courante infligé à cause d'injures vers un magistrat en fonction.
Sans doute il a eu du commentaire sur cette décision, ce qui lui a couté une deuxième amende de 10 livres.
En total, Jehennés a du payer une amende d'approximativement 70 livres, deux fois le sallaire d'un maitre-menuisier en 1275!
Comme Jehennés a été condamné ensemble avec Jakemes de Bruiele, nous pouvons mettre un lien avec Jehenne de le Rocque qui, deux générations plus tard, était mariée avec un Jehan de Bruyelle, sans doute un parent de ce Jakemes.
Basé sur des donnés trouvés dans le registre des faides, nous pouvons conclure que Jehennés de le Roke étéait une des parties concernées dans les hostilités entre Hennoke Bierenghier et son fils Jehan, et Bertrans Sains Dieu et ses fils Jehan et Monnet, et les familles Castagne et Parage.
Lokette, un apparenté de Hennoke Biernghiers avait été tué, et Hennoke devait prêter serment devant les prévôts et les jurés qu'il ne ferait pas de mal à Jehan dou Crissant, ni à Chanteriel.
Dans le registre de la loi de 1302, publié par ... Léo Verriest, nous avons trouvé que Jehan Biernghier, c'on dist Hanoke, a été condamné le 4 juin à payer une amende de 10 livres, à la perte de ses droits de commune et "à l'amende des jurés", parce qu'il avait refusé d'emporter à Tournai tout le blé qu'il possédait hors la ville, comme devaient faire tous les bourgeois de Tournai.
Le 12 septembre 1302 Jehans Bierengier, c'on dist Hanoke a été condamné à payer une amende de 4 fois 40 sous à cause d'injures à l'adresse des bouchers. Il devait faire un pélérinage vers Vendôme.
En 1276 Jehans Sains Dieu dou Crissant devait payer une amande de 10 livres "pour assaut de maison".
La famille Sains Dieu vivait aussi en conflit avec la famille d'Orke.
Nous avons déjà rencontré Bertrans Sains Dieu en 1263, quand il avait acheté une maison dans la rue des corriers, sur laquelle Jehans Deleroke avait une rente.
Jehennés était avec une probalité tenant à la certitude le fils de ce Jehan Deleroke.
Le prénom Jehennés est une variation du nom Jehan, et ce nom est souvent usité quand le père s'appelait Jehan aussi.
La spécification "c'on dist Chanteriel" pourait indiquer que Jehennés avait une fonction à la Chanterie du chapitre, et nous pouvons donc supposer un certain talent musical.
Ainsi en plus, c'était possible de le distinguer des autres Jehan de le Roke.
Vraisemblablement le surnom "Chanteriel" était employé parfois comme son nom de famille.
Peut-être une famille "Chanteriel" ou "Chantereaus" a trouvé ici son origine...
Dans les notes personelles de Léo Verriest se trouvent des transcriptions et des photocopies d'environ 1000 chirographes du 13e siècle... une fraction de ce qui était conservé aux archives Tournaisiennes avant 1940.
Une photocopie d'un chirographe de janvier 1282 merite notre attention extraordinaire :
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Baudouin de le Roke qui, en 1274, possédait une maison dans cette même "rue si con va as freres" était sans doute un parent proche de ce Gilles.
Le nom Gilles est la forme Picarde du prénom Latin Egidius, et nous supposons que Egidius et Gilles de le roke étaient père et fils.
Dans le volume 10 du "dictionaire de l'ancienne langue française et tous ses dialectes" de Frédéric Godefroy, nous avons trouvé un fragment d'un chirographe de 1288 qui a été passé devant le greffe scabinal de St.-Brice, avec anotation au dos :"cest les enfans Magrite de le Roque".
Le texte : "Qu'il en fisent des rechoites le pourfit des enfans le mius qu'il poroient, sans usure."
Quelqu'un a reçu le devoir de vendre quelque chose, où il devait essayer de faire autant de profit que possible pour les enfants de Magrite de le Roque.
Très probablement il s'agit d'une décision que les échevins ont pris dans le cadre de leur autorité concernant les orphelins.
Dans la "Miscellanea Tornacensia", le rapport du 33e congrès de la Fédération Archéologique et Historique de Belgique, qui a eu lieu à Tournai du 4 au 8 septembre 1949, A. Pasture a écrit une "Contribution à l'onomastique de la région Tournaisienne à la fin du XIIIe siècle".
Il nous informe avec grande joie que les archives du chapitre de la cathédrale de Tournai ont "par une chance providentielle" échappé à l'incendie de la ville de mai 1940.Ces archives très riches contiennent entre autres des cartulaires et des registres cartulaires.
Le registre capitulaire n° 384 est un dénombrement de 1289 des rentes et censes que des particuliers devaient payer sur leurs maisons au Grand Office du Cellier du chapitre cathédral.
Le cartulaire B est un vrai polyptique, un inventaire complet des biens et des rentes qui, à la fin du 13e siècle, appartenaient au même Grand Office du Cellier.
Les revenus notés dans le cartulaire B devaient pourvoir les chanoines de leurs frais quotidiens.
Le manuscrit 385 est comparable au registre capitulaire 38 4, mais date de 1455.
A. Pasture nous raconte que dans ces mêmes archives il y a une série de titres de rentes qui s'échelonnent de 1245 jusqu'à la fin de l'Ancien Régime!
Les archives de la cathédrale de Notre Dame de Tournai sont des archives privés, et jusque dernièrement, ils n'étaient pas accessibles pour nous.
Via Anne Dupont nous sommes entrés en contact avec l'archiviste de la cathédrale, le professeur Jacques Pycke, et nous avons obtenu de lui l'approbation de faire des recherches dans les archives du chapitre cathédrale.
Le registre capitulaire de 1289 comprend les rentes que les personnes y registrées devaient payer "au Saint-Remi" et à Noel au Grand Office du Cellier de la cathédrale.
Ces rentes concernant des maisons qui se trouvaient dans la ville de Tournai y sont classées par paroisse et par rue, et de beaucoup de maisons on a noté de quels matériaux elles avaient été construites, et de quel type de construction il s'agissait...
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En 1289 Jakemes dele roke payait une rente pour deux maisons dans la paroisse Saint-Nicaise, dans la rue de le roke!
La première maison se trouvait sur l'atre (patois local pour cimetière) de Saint-Nicaise, à côté de la maison de Jehan de vervin, qui se trouvait "en le rue ki de la porte prime retourne a le rue de le roke", plus exactement entre les remparts de la ville et l'entrée de la roke.
La maison de Jakemes se trouvait donc sur le coin de la rue de le roke et la rue qui menait vers l'abbaye de Saint-Martin.
Ce passage nous confirme sans l'ombre d'un doute, qu'en 1289 une roke y était effectivement exploitée!
La deuxième maison -de pierre- pour laquelle Jakemes payait une rente, se trouvait dans la rue de le roke, opposite à l'autre maison.
Sur une carte-détaille du plan de ville dressé en 1617 par Braun et Hogenberg, en bas à doite, vous voyez l'abbaye de St.-Martin et la porte Prime.
Au centre se trouve l'église St.-Nicaise dans la rue de le roke, qui très clairement suit le tracé du premier rempart urbain.
Ces mentions nous permettent de situer ces deux maisons sur les deux coins de la rue roc Saint-Nicaise, la rue roquette Saint-Nicaise et la rue du Ballon, les noms contemporains de la rue de le roke et "le rue ki de le porte prime retourne a le rue de le roke".
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la paroisse St.-Nicaise en 1617
En plus, Jakemes dele roke payait une rente pour deux maisons dans la paroisse Saint-Piat!
Une maison était construite en pierre, l'autre en bois, et elles se trouvaient dans la rue de Mierdenchon, tout près de la rive de l'Escaut.
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Dans la paroisse St.-Piat, la rive de l'Escaut en 1259 est décrite comme "là où on taille pierre", et plus tard comme le quai taille-pierre.
Dans son manuscrit "Vieux Tournai ou Vestiges du Passé Tournaisien" de la période entre 1909 et 1911, conservé dans la bibliothèque communale de Tournai sous le n° XIVn, Paul Rolland décrit la quai taille-pierre comme le lieux où on taillait les pierres extraites des carrières de la ville de Tournai et d'où on les exportait en bateau sur l'Escaut.
Cette rue Merdenchon -maintenant appelée rue Cherequefosse- est décrite par A.F.J. Bozière dans "Tournai Ancien et Moderne" comme "adossée aux murs de la vieille enceinte, peu fréquentée et remarquablement malpropre".
Dans un vieux manuscrit du chapitre cette rue était désignée comme "vicus merdo".
Au 13e et 14e siècles, plusieurs tanneurs y résidaient, et on peut s'imaginer leur effet sur la propreté et l'odeur dans la rue...
Selon Bozière, c'est dans une maison infime dans la rue Merdenchon qu'en août 1349 on a signalé pour la première fois la peste dans la ville...
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la paroisse St.-Piat en 1617
Jakemes dele roke possédait donc deux maisons en la paroisse de Saint-Piat, sur la rive de l'Escaut, et deux maisons en la paroisse Saint-Nicaise, en la rue de le roke, à côté de l'entrée d'une roke, sur l'attre...
Peut-être il taillait ou vendait des lames funéraires et des pierres tombales dans une des maisons sur l'attre, les autres maisons sur la rive de l'Escaut ont peut-être servi à travailler le cuir, et pour apporter les matières premières et pour expédier (ou exporter ??) les produits finis -ou produits de toutes sortes ?-...(vers d'autres villes situées le long de l'Escaut ??)
Après l'échevin Nicholès (1221) et Jehans (1263), ce Jakemes est la troisième génération de le roke qui avait un lien qu'on ne saurait méconnaître avec le chapitre cathédral de Tournai.
Très probablement ils étaient grand-père, père et fils.
Une des collections les plus riches des archives Tournaisiennes était sans aucun doute celle des testaments.
Déjà dès la fin du 12e siècle, la haute société de Tournai avait l'habitude de rédiger un testament quand on sentait la fin de la vie s'approcher.
Presque toujours ces testaments révèlaient la situation de famille du testateur, son métier, ses possessions, ses créanciers et ses débiteurs, ses amis et ses connaissances.
Comme c'était par excéllence une affaire privée, qui ne contenait rarement des données intéressantes que pour les généalogues, ces testaments n'ont autant dire jamais été publiés in extenso.
Quelques historiens Tournaisiens, comme A. De le Grange et A. Hoquet, ont analysé et publié partiellement quelques centaines de testaments, le plus souvent du point de vue sociologique ou culturel.
Vous le comprenez déjà : 99% de ces testaments ont péri dans l'incendie de mai 1940, et tout ce qui reste sont des parties de testaments publiées çà et là, et une transcription ou photocopie occasionelle dans les notes personelles de Léo Verriest.
Heureusement, les listes alphabétiques des personnes qui avaient rédigé leur testament, avec mention de l'année, avaient été publiées avant mai 1940.
Dans la liste des testaments Tournaisiens conservés aux archives d'état de Mons, nous trouvons que Jehans de le Roke a rédigé son testament en 1299.
Il y a même l'ombre d'un espoir que ce testament pourrait encore exister, parce qu'une bibliothèque Anglaise a un jour acheté une partie de chirographes Tournaisiens sur une vente publique...
Momentanément, nous ne connaissons pas le contenu de ce testament, et nous ne pouvons que présumer qu'il s'agit ici de Jehans Deleroke qui avait en 1263 ,ensemble avec le chapitre cathédral, une rente sur une maison dans la rue des Corriers.
Jehans de le Roke était le premier de 5 de le Roke qui ont rédigé leur testament : son fils présumé Jehan, son petit-fils Colars et ses arrière-petites-filles Annies et Jehenne de le Rocque ont suivi son exemple.
Nous avons déjà fait mention de notre supposition que Frédéric Hennebert, archiviste des archives Tournaisiennes dans la seconde moitié du 19e siècle, était en train de préparer un article ou un livre concernant les rues de Tournai à travers les siècles.
Dans ses notes regardant le toponyme les Roques nous avons trouvé une mention de Jehan de le roke, le carpentier :
"1301, el mois de ghieskerich. Wattier Buchaus a vendu à Gillion Houssiel vc de rente sour une maison ki siet a le roke au Bruille encontre la crois d'en costé le maison Jehan de le roke le carpentier, le puc entre deus d'une part ..."
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le quartier du Bruille en 1517, avec l'église Saint-Nicolas (n°6), la crois (n°15) et les jardins
( Tournai Ancien et Moderne, après un dessin de Guicciardin)
F. Hennebert nous informe que la rue ghiesenfrasne était une rue avoisinante, et dans ses notes concernant cette rue, nous trouvons :
"1307, en le daeraine sesmaine de march. Katheline jadis femme Watier Lieppée, Jehan Mikious et Annies, si trois enfant ki sont ete ... ont vendu à Jehan de le roke le carpentier une piece de terre haboutant sour le rue de Ghiesenfrasne et sour le pire des Froides parois."
En plus, nous sommes surs que le nom de famille de Jehan était certainement correct, puisque Mr. Hennebert avait d'abord noté de le roque, mais l'a corrigé en de le roke.
L'archiviste Hennebert a trouvé des mantions des "roques au Bruille" et de la ruelle gasafrain dans des actes de 1491, 1493, 1496 et 1540, mais ses notes ne nous fournissent point plus de données.
Ce Jehan de le roke était donc charpentier et possédait une maison et des terres près d'un lieu qu'on désignait comme "les roques au Bruille", au même endroit donc où Giervais de le roke en 1260 et Johannes de le Roke vers 1225 avaient des terres.
Dans son "histoire de Tournai", Paul Roland nous informe que le 11 juillet 1302, après la bataille des éperons d'or, la chevalerie Française en retraite était niée l'entrée aux villes Flamandes.
Ce soir là les magistrats communaux de Tournai ont résolu de tenir fermées les portes de la ville pour la foule qui s'était présentée devant les murs.
C'était la cause directe pour les autorités municipales pour mieux fortifier la ville, et chaque bourgeois était mis au travail.
Organisés en groupes par rue sous la supervision des connétables, par paroisse un jour par semaine, tous les bourgeois de Tournai devaient aider à "fouir ès fossés", et à faire des levées de terre.
Les Charpentiers, menuisiers et forgerons étaient dispensés d'aller au fossées, mais devaient produire le plus possible de pelles, de civières et de brouettes. Il leur était même interdit d'entreprendre un autre travail avant que les travaux aux remparts ne fussent finis.
Les remparts de la troisième enceinte, batis avec des pierres extraits sur place, étaient très solide et aujourd'hui en restent toujours les tours Marvis et le pont des Trous.
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| les tours Marvis | le Pont des Trous |
Jehan de Bierenghier a redigé son testament en 1305.
Dans une annexe à ce testament, il a fait noter toutes les personnes aux quelles il avait des dettes.
Cette liste commence par 5 tailleurs de pierres, entre autres Simon le Rike, Théri de Calonne et maistre Robiert d'Arras.
5 pages plus loin, nous trouvons que Jehan de Bierenghier devait payer 30sols à Ysabiel de le Roke. Elle est mentionnée entre Jehan Colemer et Jehan l'Englesc, le "pissonier de mer".
Comme Jehennés de le Roke avait un conflit avec entre autres Hennoke Bierengier, nous supposons que Ysabiel était sa fille.
Ce Jehan est le deuxième qui a rédigé son testament.
Très probablement il est le fils de Jehan de le Roke qui a fait son testament en 1299, et peut-être c'était lui qui a été "cachiet à cloke" en 1276...
En 1315 et 1316 il y avait la peste à Tournai, et 1316 était une année de faim.
A cause de la récolte manquée et la famine qui en ressortait, la résistance des gens envers les maladies était diminuée, et suite à une débilitation totale beaucoup de gens ont décédé dans cette période.
Nous trouvons ici pour la première fois l'orthographe Delerocque, la forme française du nom de famille Picard de le Roke.
Certaines pièces d'archive ont échappé d'une façon étonnante à la perte quasi totale des archives Tournaisiennes en mai 1940.
314 chirographes ne se trouvaient pas aux archives au moment de l'incendie.
Dans un de ces actes, datant de 1320, Maroie dou trat, la veuve de Lucas ki faisoit les viroelles, reconnaissait qu'elle avait une dette à Piéron Mal Yvrenet.
Jakemes de le Roke, li mierciers, était présent comme "autre homme", un témoin qui connaissait les deux parties.
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Pierre Mal Yvrenet a fait rédiger son testament à Tournai en 1349.
Son fils Pierart était marié avec Marie Gargate fa Jehan, sa fille Katherine était mariée avec Gilles de Haudion, et sa soeur était la femme de Jehan Bierenghier con dist Hanoke, tous des noms que nous avons déjà rencontrés dans le cercle d'amis et de connaissances de la famille de le Roke.
Lucas ki faisoit des viroelles, fabriquait des boutons incrustés d'or en feuilles, et il était sans doute un des fournisseurs du mercier Jakemes de le Roke.
Les merciers étaient les marchands dans la forme la plus originale : comme commerçants pure-sangs il ne produisaient rien, mais achetaient et vendaient toutes sortes de produits, surtout des produits finis coûteux comme la maroquinerie, des tapis, des vêtements brodés d'or, des draps de soie, des étoffes spéciales comme le camerat et le sindale, des bijoux, des épingles, des boutons, des peignes ...
Ils vendaient leurs produits sur les marchés locaux et dans les villes limitrophes, et comme des vrais commis de commerce ils entreprenaient des voyages parfois assez loins.
Leurs fournisseurs étaient les corroyeurs, les orfèvres, les tisserands de draps spéciaux, ...
On n'a pas trouvé beaucoup de données sur les merciers Tournaisiens en particulier.
En 1268, après un conflit de longue durée entre le chapitre et la commune, une nouvelle halle était fondée pour les merciers, où ils pouvaient vendre leurs produits.
En 1362 cette "halle des merchiers" était située "en le rue de le Ture", dans la paroisse Saint-Nicaise.
En 1369 la guilde des merciers était créée, sous le patronage de Saint-Maure.
Nous avons déjà cité que les merciers Toulousiens apportaient des peignes en ambre et des paternostres en ivoire de l'Italie à Tournai, d'où les merciers Tournaisiens distribuaient ces produits dans les Pays-Bas.
Suivant un roman de chevallerie très connus alors, le roi Gallehos avait vincu 30 rois.
En 1331, les chevalliers de la Table Ronde, une organisation de bourgeois opulents, qui prenaient soin de la garde personelle du roi lors des batailles, décidaient d'organiser une fête exceptionelle, où la légende du roi Gallehos serait représentée.
La fête commençait après la fermeture de la foire de mai 1331, et des riches companies de Paris, de Senlis, de Reims, de Saint-Quentain, de Compiègne, d'Amiens, de Valenciennes, de Maubeuge, de Doullens, d'Arras, de Saint-Omer, de Lille, de Douai, de Gand, de Bruges, d'Aardenburg et de beaucoup d'autres endroits étaient invitées à Tournai.
Au milieu d'un programme de plusieurs jours, le tournoi des 31 rois se jouait sur la Grande Place.
Les 30 rois qui entouraient le roi Gallahos, joué par sire Jacques de Corbry, "roi" de la Table Ronde de Tournai, étaient choisis parmis ses compagnons Tournaisiens.
Entre eux : Guillaume de Hellemes, qui jouait le roi Pellez du Castel périlleux, Gilles Mouton, qui jouait le roi Banich Bevenich, Jehan d'Hellemes, qui jouait le roi Abilacus de Constantinople, Jacques Mouton, qui personnifiait le roi Abilacus de Carmélide, Jehan Thiebegot, qui jouait le roi Caradebrinbas ou Cardos Brinbas, Geoffroy d'Orcq qui jouait le roi Tenor de Haute Rivière, Jehan Prévost, qui jouait le roi Claudas de la Désierte, Jehan Gargate, qui jouait le roi Sitor de la Rouge Montagne, et Jacques Gargate.
Beaucoup de ces familles patriciennes Tournaisiennes étaient des alliés de la famille de le Roke.
Le tournaoi était d'une splendeur jamais vue, et le chanoine Jean Cousin concludait en 1620 que les "bourgeois de Tournai ... ont voulu triompher en grands princes n'estans que bourgeois".
La prospérité croissante des magistrats Tournaisiens leur inspirait de plus en plus d'orgueil, et ils commençaient à denier toute autorité et se considéraient eux-mêmes comme source principale de toute justice...
Le chroniqueur tournaisien Sigebert de Gembloux concludait que la commune n'était en rien soumise au roi.
En 1328, la commune avait refusé de prêter serment au roi, et par arrêt du Parlement, le 4 juillet 1332, la commune de Tournai était condamnés à perdre leur droit de commune, et la ville était mise "dans la main du roy".
L'organisation politique de Tournai était changée radicalement : plus de jurés, plus de prévôts, plus de mayeurs ou échevins, plus d'eswardeurs!
Le gouvernement de la ville était exercée par un commissaire du roi, prenant conseil d'un collège de sages hommes de son choix et de quelques officiers du roi.
Le collège des "sages hommes" installé le 2 août 1332, comprenait 21 "prud'hommes" pour le conseil et l'administration, et 17 voir-jurés pour les actes notariés.
Une foule d'agents inférieurs était désignée par le commissaire : chaque paroisse était gouvernée par 2 gouverneurs, et 202 connétables étaient nommés.
Les paroisse de Notre Dame et Saint-Nicaise étaient gouvernées par sire Willaume de Waudripont et sire Jehans Damiens.
Nous trouvons comme connétables pour ces deux paroisses : Jehans Gargate li petis, Jehans de Marèges, Jehans dou Vesancskiel, Evrard des Cordes, Colars del Estrée, ... et Jak de le roke.
La foncion de connétable n'était pas nouvelle : déjà en 1275 les Consaux avaient promulgé un "ban" concernant leur salaire.
Un connétable était un magistrat populaire, responsable pour une ou quelques rues de la ville.
Il jouait le rôle de conciliateur lors de conflits, signalait des infractions contre la loi communale, aidait à encaisser les taxes, était responsable des citernes d'eau et était le chef local des sapeurs-pompiers.
Puisque Jak possédait une maison dans la rue de le roke , sans doute il était connétable pour cette rue.
Dans les paroisses de Saint-Piat et Sainte-Katerine, Jak. Buridans et Jak. de bruyelle étaient connétables, dans la liste des paroisses de Saint-Quentinet Sainte-Marguérite nous trouvons entre autres le nom de Piers Denis.
En 1340, lorsque la ville de Tournai avait résisté avec succès les attaques des armées hostilles, le roi a récompensé la ville en la racordant ses droits de commune et ses coutûmes d'administration comme avant 1332.
Dans les notes personelles de Léo Verriest, nous avons trouvé une photocopie du testament de Jehans Gargate, rédigé le 31 mai 1339.
Dans la marge Léo Verriest a écrit : nouv. acq. frçs. 3596, et tout en bas de ce document se trouve le cachet de la Bibliothèque Nationale, ce qui nous fait supposer que le document original pourrait encore exister, et qu'il se trouve à la bibliothèque nationale de Paris...
Jakemes de le Roke, li mierchiers, devait payer à ce Jehan Gargate une rente pour sa maison "sour le toukait de le roke Saint-Nicaise".
C'était donc exactement la même maison pour laquelle Jakemes de le roke, en 1289, avait payé une rente au Grand Office du Cellier du chapitre de la cathédrale de Tournai!
Nous avons souvent rencontré la famille Gargate dans la proximité directe de la famille de le Roke : dans le Veil Rentier, le rentier de sire Jehan de Pamele-Audenarde de 1276, est registré que Thiélens Gargate a payé une rente pour une terre sise à "Elesiele".
En cette même année, Jehan de le Roke et Willaumes Gargate ont été "cachiet à cloke", Jak de le roke et Jehans Gargate le petis étaient tous les deux connétables en 1332...
Nous rencontrons ici clairement deux familles qui appartenaient à la même classe sociale.
Puisque Jakemes de le Roke, li mierchiers possédait en 1339 une maison dans la rue de le roke, où Jakemes de le roke avait deux maisons, dont un sur le coin, et puisqu'ils ont tous les deux le même prénom, nous les considérons avec une probabilité touchante à la certitude, comme père et fils!
Mais ce n'est pas tout...
Si nous comparons le nom de Jak de le roke en 1332 au nom de Jac van de roke en 1380, une des mentions les plus vieilles de la famille van de roke à Gand, ça saute quand même aux yeux que c'est le même nom, où "de le" a été traduit en "van de".
Parce qu'il n'y avait qu'une famille de le roke dans les régions de Tournai et du Tournaisis, de l'Hainaut nord-ouest et de la Flandre, et uniqueement une famille van de roke, et parce que nous alons prouver plus loin qu' au moins une personne, qui a été registré à Tournai comme de le Rocque, a été notée comme vander Roke en Flandre, ce Jak de le roke est -littéralement- sans doute le père de Jac van de roke, l' ancêtre le plus vieux de la famille van de roke.
Dans sa dissertation sur les merciers Gantois (1305-1540) E. Van Der Hallen nous apprend que les merciers Toulousiens importaient des épingles et des chapelets en ambre ou corail de Milan vers Tournai.
Les merciers Tournaisiens les distribuaient alors dans les Pays-Bas.
Dans le registre des échevins de la Keure de Gand, on a noté en 1365 que des marchands de Paris et de Tournai avaient vendu des bijoux sur les foires Gantoises.
Dans son livre concernant la vie cotidienne dans une cité Médiévale, Raymond Van Uytven nous décrit les aspects de la vie dans la ville de Louvain en 1448, et il constate que les articles luxueux produits à Louvain étaient vendu aussi bien dans la ville que les régions limitrophes.
En passant par les foires d'Anvers et de Bergen-op-Zoom, ces produits entraient dans le commerce interrégional.
Il nous fait mention explicitement du fait que vers la moitié du 15e siècle, des marchands Tournaisiens venaient acheter des tapis à Louvain.
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En 1340, une alliance des armées du comte Flamand, du duc de Brabant et du roi d'Angleterre avait mis le siège devant Tournai.
Dans les chronques de Froissart du 15e siècle, conservées à la bibliothèque nationale de Paris, nous avons trouvé une représentation magnifique de ce siège.
Si Jak de le roke se trouvait alors à Tournai, en sa fonction de connétable, il aura certainement dû aider à défendre la ville contre les ennemis.
Si il était à Gand, peut-être il y est resté un peu plus longtemps, et peut-être on l'a reproché ça à Tournai après...
Par gratitude du succès de la résistance de la ville de Tournai, le roi de France a raccordé à Tournai tous les privilèges et les droits que la ville avait avant 1332, et peut-être il y a eu quelque sorte de repression vers les bourgeois qui avaient pris part dans l'ordre nouveau... un phénomène de tous les temps et tous les lieux.
Une autre constatation est que Jac van de roke a été registré une fois à Gand comme Jacob van der Roken of Denijs, ce qui démontre que'il était le fils (-bâtard?) d'un père qui s'appelait van der Roken (ou de le roke) et une mère qui portait le nom de famille Denijs (ou Denise).
Probablement le mercier Jak de le roke a procréé un fils (illégitime?) chez une demoiselle Denys, pendant un de ses voyages de commerce.
Nous pouvons supposer que Jak de le roke a pris le repos de nuit quelque part à mi-chemin entre Tournai et Gand.
Berchem, où la famille van der Roeke avait déjà des possessions à la fin du 14e siècle, se trouve le long de l'Escaut, à mi-chemin entre Tournai et Gand...
Au mois de mai 1335 Jehan Daubiermont, li père et Marghueritte se sont mariés.
Elle habitait "sur les marlieres du Bruille", et était la veuve de Jacquemon le Flamenc, le carpentier de le Roque.
La ressemlance à Jehan de le Roke, li carpentier, est frappante!
Ce serait possible que Jacquemon était un fils illégitime de Jehan de le Roke, li carpentier.
Mais dans cette période souvent un des fils les plus jeunes avait un autre nom de famille que son père, et parfois un fils d'un second mariage était désigné par le nom de sa mère comme surnom, afin de le distinguer des enfants "du premier lit".
Jacquemon avait une fille Maryen le Flamenghe, qui s'est mariée avec Jehan Kagnars, et un fils Jacquemin le Flamenc qui était encore célibataire en 1335.
Ses enfants avaient seulement le nom "le Flamenc", et bien sûr c'est possible que Jacquemon le Flamenc était spécifié comme de le Roque parce qu'il y avait un autre charpentier qui s'appellait Jacquemon le Flamenc, qui n'habitait pas à le Roke au Bruille...
Normalement on aurait alors employé une formule différente, par exemple Jacquemon le Flamenc, manans en le roke.
Peut-être une branche cadette de la famille de le Roke s'est séparée ici, qui a adopté le nom "le Flamenc".
L'hypothèse la plus vraisemblable serait sans doute que Jacquemon était le fils du second mariage de Jehan de le Roke, li carpentier, soit avec une femme Flamande, soit avec une femme qui s'appelait "le Flamenghe".
De toute façon, le nom "le Flamenc" indique que cette famille avait des contact avec la Flandre!
Dans le volume 10 du "dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes" de Frédéric Godefroy nous trouvons un fragment d'un chirographe de 1338, passé devant le greffe scabinal de St.-Brice, avec anotation au dos : "cest Adum de Dohem l'afineur".
Le fragment : Wiars Roque, saieleres, et Jehans ses freres, ont vendut, werpit et clamet quite..."
Le 22 septembre 1338 les frères Wiars et Jehans Roque ont vendu une propriété à Adum de Dohem.
Wiars Roque et son frère Jehans habitaient la paroisse St.-Brice.
Wiars Roque était saieleres, un scelleur, qui rattifiait quelque chose en y appliant un scel.
Dans les "chartes de l'abbaye de Saint-Martin de Tournai", publié par A. d'Herbomez, nous trouvons un acte du 26 avril 1346, dans lequel les prévôts, jurés, eswardeurs et échevins de la cité de Tournai déclarent que l'abbaye de St.-Martin leur a accordé de faire un puit d'eau en un lieu où un accord le prohibitait :
"A tous chiaus qui ces presentes lettres veront ou oront, li prevost, li juret, li eswardeur et li esquievain de le Cyté de Tournay, salut et cogniscance de verite."
...
"... En tesmoing desquels coses nous avons ces presentes lettres seelees dou seel de le commugne de le Cyté de Tournay. Ce fu fait et donne le .XXVI.° jour de avril, lan de grace mil trois cens quarante et siis."
Cet acte était donc scellé avec le scel de la cité de Tournai.
Nous comprenons que cette action était accomplie par le scelleur, le saieleres.
Comme Wiars Roque était alors le saieleres, c'était sans doute lui qui a scellé cet acte.
Nous avons déjà vu chez Baudès Roke, et nous verrons plus tard chez la famille van de roke, que parfois la préposition et l'article de notre nom de famille ont été omis.
Le prénom rare, en forme Romanisée mais d'origine Germanique, Wiart renvoie indéniablement vers Wicars de le Roke qui vivait -avec Jehans ses freres- à Flobecq en 1275.
Wiars Roque et son frère Jehans étaient probablement ses petits-enfants.
Comme nous verrons plus tard, Wiart Roke a redigé son testament en 1349, nous n'avons pas trouvé d'information supplémentaire au sujet de son frère Jehan.
G. de Nédonchel a publié en 1867, dans les Mémoires de la Société Historique et Littéraire de Tournai, un article concernant la jurisdiction à Tournai entre 1313 et 1553, attention spéciale vouée à la peine de mort.
En annexe de cette dissertation, il a publié un nombre d'examples tirés des registres de la loi.
Le mercredi le 4 avril 1347, à Tournai Henins Journier a été condamné a être "tranié" et puis pendu "pour che que il fu prouvet souffiss. contre lui quil avoit bouté le feu en le maison Stievenart Stievenoch".
Hanins Journier avait confessé qu'il avec ses compagnons Henins de le Fosse, Hanins Richard et Guillot à Ronkiere avaient brisé la maison de Stievenart, et parcequ'il ne l'avaient pas trouvé là, ils avaient mis le feu à sa maison.
Il avait navré le fils de Renier de le Roke, couvreur, "pour ce qu'il vint au feu".
Puisque Renier de le Roke était couvreur, nous présumons qu'il était le fils de Jehan de le Roke, le charpentier.
Nous n'avons pas plus de données sur son fils, mais le fait qu'il a été blessé par Hanins Journier, lorsqu'il venait au feu, nous mène à quelques remarques :
Les connétables étaient responsables à organiser les travaux d'extinction en cas d'incendie.
Les bans du magistrat de 1275 et les comptes communaux de Tournai de 1408 nous apprennent que chacque connétable avait à sa disposition "des espuisoirs" -des seaux en cuir- de la commune, mais les échelles étaient de sa propre possession.
Un couvreur avait besoin d'échelles ... un connétable devait en avoir ... un connétable devait aller sur place s'il y avait un incendie dans sa connétablie...
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Quand nous regardons par la fenêtre dans la peinture "la Vierge et l'enfant devant l'écran" de 1430, du "maitre de Flémalle", identifié par beaucoup d'historiens d'art à Robert Campin, nous pouvons voir 2 couvreurs médiévaux au travail.
Dans les listes alphabétiques des testaments qui se trouvaient jadis aux archives Tournaisiennes, nous trouvons Maroie Roke qui a fait son testament en 1348.
Comme la plupart des listes, les listes de nom alphabétiques des testaments Tournaisiens, ont été rédigées par des personnes, ce qui veut dire que c'est possible qu'il ya des petites fautes.
Nous avons pu constater nous-mêmes qu'une lettre "o" qui n'est pas bien fermée, ressemble à une lettre "u".
Quand on est pressé, ou pas bien concentré, ou pas trop intéressé par le travail qu'on fait, on peut facilement lire le nom Roke comme Ruke, certainement quand on n'a pas de liens emotionels avec ce nom de famille...
Peut-être une petite faute a été comise lorsqu'on préparait les listes à être publiées.
Lors de nos recherches généalogiques dans les archives de Tournai et du Hainaut, nous n'avons jamais rencontré une famille Ruke.
Je présume alors qu'en 1348, c'était Pierre Roke qui a fait son testament en l'année de peste 1348.
Dans les listes de nom alphabétiques des testaments Tournaisiens, publiées par Adolphe Hoquet dans les Annales de la Société Historique et Archéologique de Tournai, éparpillées dans quelques années, nous trouvons le nom de Wiart Roke.
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En 1348 et 1349 Tournai, comme beaucoup d'autres villes en Europe, a été attaqué par la peste.
Parce qu'on ne connaissait pas la cause exacte de cette maladie, la peste pouvait tuer des familles entières, et décimer la population d'une région.
A tournai, en 1348 et 1349, 30% de la population était décédé.
Dans les chroniques contemporaines de Gilles li Muisit, on voit une illustration qui prouve qu'on ne pouvait pas produire assez de cercueils, et qu'on enterrait les défunts enveloppé en draps blancs.
Sans doute Maroie, Pierre et Wiart Roke ont rédigé leur testament à Tournai, avant de quitter la ville afin d'échapper à la peste.
Comme nous savons des contes du "de Camerone" de Giovanni Boccaccio de 1353, les bourgeois échappaient des villes en temps d'épidémies vers leurs domaines de campagne.
Malheureusement l'année de la rédaction de leur testament est la seule donnée que nous avons pu trouver concernant ces ancêtres, parce qu'en mai 1940 la collection complète des testaments Tournaisiens a péri dans les flammes.
Le nombre des peut-êtres, sans doutes et probablements dans nos textes diminuerait drastiquement si nous aurions pu voir ces testaments!
Apparament dans ces testaments il n'y avait rien de spécial ou d'étonnant, et ni Maroie, ni Pierre paraissent avoir eu une fonction ou profession extraordinnaire, et aucun historien qui a utilisé des testaments Tournaisiens dans son travail, a publié (une partie de) leur dernière volonté dans les pièces justificatives.
En 1359 Colars Delerocque a rédigé son testament.
Colars avait le même prénom que Nicholès de le Roke qui était échevin de la cité de Tournai au début du 13e siècle, et qui a été registré à Flobecq en 1275 comme Colart de le Roke.
Cette constatation nous permet de conclure que Colars était un descendant direct de Nicholès.
Puisque la rédaction d'un testament était une habitude considérée héréditaire, nous pouvons supposer que Colars était le fils de Jehan Delerocque qui a fait son testament en 1315, et le père de Anniès et Jéhenne Delerocque qui ont suivit leur exemple une génération plus tard.
Dans le volume 8 du "dictionnaire de l'ancienne langue française et tous ses dialectes" de Frédéric Godefroy, nous trouvons un fragment du testament de feue demisiele Jehane de le Roque, redigé le 19 février 1378.
Le texte : "A le femme Jehan le Fevre, men voisin, .I. blancq warcolet".
Dans son testament, demisiele Jehane de le Roque donnait un warcolet, un vêtement qui couvrait le cou, à la femme de son voisin.
Dans les comptes communaux de la ville de Bruges de l'année 1378-'79, nous trouvons le nom de Willem van der roke.
Parmis les noms des gens qui ont prêté de l'argent à la ville de Bruges, comme une rente à vie, nous trouvons des noms comme jane van landas, jane van bethune et willem van der roke.
Les noms de famille "van Landas" et "van Bethune" sont évidemment les traductions des noms de famille Tournaisiens "de Landas" et "de Béthune"... le nom de famille "van der roke" nous trouvons à Tournai comme "de le roke".Bien que Willem van der roke était clairement un bourgeois Tournaisien, nous n'avons pas (encore) trouvé une mention de lui dans cette ville.
Les familles Tournaisiennes opulentes prêtaient de l'argent à leur ville, mais aussi à la ville de Bruges, d'Audenarde et de Courtrai.
Comme nous alons voir plus loin, Jéhenne de le Rocque = Jehane vander Roke elle aussi a prêté de l'argent à Tournai et à Courtrai.
Nous supposons que Willem et Jéhenne étaient des parents très proches.
Dans les archives de la ville de Gand, nous avons trouvé le nom de Jac van de roke.
Jac van de roke est l'ancêtre le plus vieux de la famille van de roke, et donc des familles Verroken, Verhoken et Verhoeke.
Nous vous renvoyons vers la page concernant la famille van de roke à Gand pour plus d'information regardant Jac et ses descendants.
Comme nous avons déjà cité il était "d'une probabilité qui frise la certitude" le fils de Jakemes de le Roke, li merchier.
La seule donnée que nous avons pu trouver concernant Anniès Delerocque est qu'elle a rédigé son testament à Tournai en 1386.
Elle est la deuxième Anniès dans la généalogie de le Roke, et comme c'était l'habitude chez les noms d'homme, souvent le prénom de la grand-mère était passé aux petites-filles.
Probablement Anniès était la fille de Colars Delerocque, et si nous acceptons que Jehenne Delerocque était sa soeur, nous pouvons déduire du testament de Jehenne qu'Anniès Delerocque était la mère de Jehan du Bos dit Thiébaut, et de Colard du Bos.
Colard du Bos avait manifestement hérité le prénom de son grand-père supposé.
Jehan du Bos dit Thiébaut avait au moins deux filles : dame Jehane du Bos, nonnain au couvent à Marquette, et Mariette du Bos.
Colard du Bos lui aussi avait une fille qui s'appellait Mariette.
Katherine dou Bos, femme de Jehan dou Bos, mercier, a rédigé son testament le 25 juin 1386.
Elle laissait six francs à la fille de Jehan Buridan, "pour luy aceter une heures".
Lors de nos recherches regardant les ancêtres de la famille Verroken, Frans Debrabandere nous a communqué que le nom de Jehane vander Roke était registré dans le plus vieux compte communal préservé de la ville de Courtrai, datant de 1392.
Dans ces comptes communaux nous pouvons lire que le receveur de la ville de Courtrai avait payé, outre le payement d'une rente à vie d'usage à la fête de Saint-Bavon, avait payé à Jan van Bruweele fs Jans, au nom de Janne van Bruweele, son père, une somme de 10 livre parisis à cause d'un payement arrièré qu'on lui devait.
En total, la ville de Courtrai lui devait encore une somme de 70 livres "in nieuwen ghelde" -en argent nouveau.
Le même Janne a reçu au nom de dame Jehane vander Roke, la veuve de son père, outre le payement d'une rente à vie d'usage à la fête de Saint-Bavon, un payement arrièré de 25 livres parisis que la ville lui devait encore du payement de la fête de Saint-Bavon de l'année 83.
Ainsi, la ville lui devait encore 175 livres parisis en argent nouveau.
Aux Archives de l'état à Gand se trouve le fonds de l'abbaye de Sint-Maartens-Bosse à Sint-Maartens-Lierde.
Dans la seconde moitié du 15e siècle, un certain nombre de rentes dûes à cet abbaye ont été notées sur un rouleau de parchemin, qui vraisemblablement était formé de folios récyclés cousus ensembles.
Sur ces folios de parchemin récyclés on a remarqué une partie des comptes communaux de la ville de Courtrai de l'année 1376-'77!
Au folio 7 nous trouvons un article de compte concernant les dépences que la ville de Courtrai a fait durant la semaine du 5 au 11 octobre de l'année '76, pour payer des gens qui avaient prêté des sommes à rente à vie.
Dans cette liste nous voyons le nom de Jhanne van Bruweeles, qui recevait deux fois par an une somme de 35 livres.
Dans cette liste aussi, plusieurs prêteurs étaient originaires de Tournai : Jhan Thiebegoets weduwe, dame Katheline Hauweele, Goesaert le Lonchier, Nicholay Dimanche, le lombard, Symoen Reynault et Jhanne Desplechijn.
Les plus vieux comptes communaux de Tournai ont été conservés en copies aux Archives Généraux du Royaume à Bruxelles.
Dans les comptes de 1397, '98 et '99 nous retrouvons Jehenne de le Rocque dans la liste des prêteurs qui avaient reçu des rentes.
En 1396, le roy de France Charles VI, avait donné la permission aux magistrats Tournaisiens de contracter des emprunts à rente viagère de 400 livres parisis, afin de couvrir le coût énorme de la reconstruction du beffroi et la restauration des cloches, à cause d'un incendie.
Le remboursement de ces emprunts prenait fin lorsque le prêteur décédait.
C'est ainsi qu'un certain Mabellezune, qui a rapporté que Jehenne de le Rocque "alla de vie a trespas" au mois de février 1398 (1399 n.s.), a reçu la somme de 5 sols pour cette nouvelle.
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Ce passage nous apprend que Jehenne de le Rocque n'avait pas moins de 3 rentes viagères sur la ville de Tournai.
En combination avec les sommes qu'elle avait prêtées à la ville de Courtrai, c'était une somme extrèmement grande.
Dans la liste des prêteurs nous rencontrons aussi Jehan de Bruyelle, moisne, et Jehan de Bruyelle, sen frere, leur soeur Catherine, Maigne de Crespelaines dite Hanielle, Maigne la fille de Jehan Gargate, Katherine la fille de Jehan Gargate et Jehan Thiebegot dit Maughier qui avaient tous des rentes "à vie et à rachat".
Dans les Annales de la Société Historique et Archéologique de Tournai, Mr. A. de la Grange a publié à la fin du 19e siècle son "Choix de Testaments Tournaisiens antérieurs au 16e siècle".
Nous y apprenons que Jehan de Bruyelle, époux de Jehenne de le Rocque a rédigé son testament le 17 janvier 1391.
Jehane de le Roque, veuve de Jehan de Bruyelle, a rédigé son testament le 24 mars 1397.
Jehane donnait "à l'image de Sainte-Cathérine d'icelle église" son "bon mantiel de sanghine fouré de groz vair, adfin que on le vieste à ledite ymage et y face 2 escuchons ensi que en le verière.
A Jehan Buridan, fils de feu Aubert, elle donnait une image d'argent de Saint-Crestofle.
A dame Jehane, fille de feu Jehan du Boz dit Thiebaut, nonnain de Marquette, son "petit hanap de madre sans claviel" et son "livre d'orisons sur les couvertures duquel est l'image de Sainte-Cathérine".
A Mariette du Boz, fille de feu Jehan, elle laissait une petite boursse ouvrée à l'eswille, à boutons d'argent doréz".
A Mariette, fille de feu Colard du Boz elle laissait une "demy dousaine de coussins vers oiseléz" (décorés d'oisseaux).
Elle donnait de l'argent à être distribué aux pauvres.
Malheureusement A. de le Grange n'a pas publié ce testament in extenso, et comme la généalogie n'était pas sa priorité la plus importante, nous manquons tout juste une description détaillée de la famille de Jehane de le Roque.
Dans les notes personelles de E. Soil de Moriamé, conservées aux Archives de l'état à Tournai, nous avons trouvé une transcription partielle de ce testament.
Trois fois hélas, E. Soil de Moriamé, a noté aucun nom de personne.
En trois pages il nous offre unaperçu des possesions de Jehenne de le rocque.
Nous citons :
un candeler de fer
"unes heures enluminées" (!)
un livre en parchemin "faisant mencion d aubry le bourgongnon"
un livre "en pappier"
un livre d'enseignement
un livre dorissons a cloeus dargents
un cornet de ploncq à mettre encre
une buste de fer
une chainette avec un mouton dargent doret et un pau de perles
une table d'ivoire
...
un aniel dor à un saffir
un aniel dor a cappons, un aniel dor à un mahoniet
un aniel dor a 1 signet
Cet anneau avec signe duquel nous n'avons pas d'image, ni de description est l'approximation la plus proche que nous sommes venus d'une forme de blason ou de sceau de la famille de le roke.
Serait-ce permis de conclure que la possession d'une chainette avec une image dorée d'un mouton pourrait renvoyer au nom de famille Mouton ?
Ce n'était certainement pas un objet d'usage courant, et la probabilité que Jehenne de le Rocque collectionnait des images (coûteux) de moutons me paraît petite...
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| les petites heures de Jean, duc de Berry, a° 1372 |
Au moyen âge beaucoup de gens (opulents) avaient l'habitude de prier chaque jour à des heures précises.
On priait quand on se levait, les matines, au lever du soleil, les laudes, à six heures, les primes, à neuf heures, les terts, à douze heures, les sexts, à quinze heures, les nones, à la fin de l'après-midi ou au début du soir, les vespres, et avant de se coucher, les complets.
Toutes ces prières se trouvait dans un livres d'heures.
Ces livres d'heures étaient des chefs d'oeuvre de l'art gothique dans la tradition médiévale, des collections de textes illustrés, de calendriers, de psaumes, de messes, pour chaque heure liturgique de la journée.
Si un musée a en sa possesion un livre d'heures enluminé, souvent c'est une des pièces les plus précieuses de la collection!
Comme exemples de livres d'heures nous connaissons les fameux livres daté vers 1372 et 1413 des "petites heures du duc de Berry" et les "très riches heures de Jean, duc de Berry" enluminé par les frères de Limbourg.
Sur les sites web les petites heures du duc de Berry et les très riches heures du duc de Berry vous pouvez vous faire une idée de ce qu'était "unes heures enluminées".
Katherine dou Bos dans son testament de 1386 a laissé à la fille de Jehan Buridan six francs "pour luy aceter unes heures".
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Deux peintures du maitre de Flémalle, le paneau central du triptique de Mérode, et l'annonciation, nous donnent une idée d'un intérieur au début du 15e siècle.
Beaucoup d'historiens d'art identifient le maitre de Flémalle au maitre peintre Tournaisien Robert Campin.
La femme qui pose en model pour la Sainte Vierge, est en train de lire un livre.
Sur la table nous remarquons le petit sac dans lequel ce livre était conservé, et le ruban d'étoffe qu'on employait pour le protéger pendant la lecture!
Nous voyons deux fois le même type de chandelier et de vase.
Sur le banc (dur) en bois habilement travaillé se trouve un coussin doux.
Comme Jehenne de le Rocque faisait partie de la haute société de Tournai, nous pouvons supposer qu'elle aura porté à peu près les mêmes vêtements, et que la plus part des objets qui se trouvent dans ces peintures se trouvaient aussi dans la maison de Jehenne.
Dans leurs "Etudes sur l'art à Tournai et sur les Anciens Artistes de cette ville", A. de le Grange et A. Cloquet font mention de l'exécution testamentaire de Jehenne de le Rocque.
Les exécuteurs du testament de Jehenne ont payé 15 sols à Willème Tahon parce qu'il avait "escript et gravé" sur la lame de la défunte son nom et surnom, et le temps qu'elle trespassa.
Nous retrouvons le même Wil Tayon, baneleur, dans les comptes communaux de 1396, quand il recevait un salaire pour avoir "pavé et cauchié en le rue Marvis, Florit jusquez en le Rihaigne".
En la même année Wil Tayon a été payé par la ville pour "l'enlèvement des fiens, groisses et ordures".
Où pour toute une période, nous n'étions pourvu que d'une date approximative du décès de nos ancêtres, nous nous trouvons ici comblés d'information!
Nous constatons indéniablement que Jehenne de le Rocque, de Tournai, veuve de Jehan de Bruyelle a été enregistrée à Courtrai comme Jehane vander Roke, veuve de Janne van Bruweele.
C'est la preuve la plus forte que le nom de famille van de roke est la traduction Flamande du nom de famille de le Roke d'origine picarde.
Dame Jehane vander Roke en relation avec Janne van Bruweele, a été décrite comme la veuve de son père.
Cette mention, et le fait que ce Jehan avait un frère qui s'appelait lui aussi Jehan de Bruyelle, nous mène à conclure que le plus vieux Jehan de Bruyelle n'était pas le fils de Jehane ... le duexième Jehan et Catherine de Bruyelle étaient probablement ses enfants.
Ici encore nous ne pouvons que faire la remarque que c'est vraiment très dommage qu'il n'y a eu personne qui a copié ce testament in extenso.
Cathérine de Bruyelle faisait partie de la plus haute société Tournaisienne.
A.F.J. Bozière a publié en 1860 une dissertation regardant "les épitaphes rimées des Eglises et des Couvents de Tournai".
L'épitaphe de Cathérine de Bruyelle se trouvait dans l'église de Sainte-Cathérine, qui a été démolie au 17e siècle lors de la construction de la citadelle.
Vous qui ici passez,
Veuillez à Dieu prier,
Pour l'âme de demiselle
Cathelaine de Bruielle
A honneur eneline, ki fust de son vivant,
Espeuse à Aubiert de Buridan ;
De sire Jehan de Collemer
fut femme en second, et mourrut de Tournai
Prévost souverain.
Son tiert mari d'honneur
Fu en plein nommé sire Gille
De Gramés, ecuyer,
Dieu les ait et les sauve.
Cathérine de Bruyelle était mariée en première noces à Aubiers Buridans, un mercier.
Ils avaient deux fils : Jaquemart et Jehan Buridan, et une fille Cathérine Buridan.
Dans les notes généalogique de F. Van den Bemden, nous avons trouvé Jaquemart Buridan, né en 1378, décedé après 1405.
Dans les comptes communaux de la ville de Gand de l'année 1420-'21 a été noté que Jacob Buridan s'était mésusé, et en 1425 il a payé les taxes d'issu comme bourgeois de Gand qui a quité la ville et renonçait ses droits de bourgeois de la ville de Gand.
Comme l'était son père Aubiers, Jehan Buridan était mercier.
Il a reçu ses droits de bourgeoisie de Tournai le 2 avril 1403 et était eswardeur pour la paroisse de Saint-Quentin en 1404.
Jan Buridaen fs Aelbrecht a loué une maison apelée Winendale, séante dans la Steenstraat à Gand, de Pieter Colpaert en 1407.
En 1410 Jan Buridaen fs Aelbrecht a acheté une maison et une petite maison dans cette même Steenstraat à Gand.
En 1410 il était tenancier du vin et de la mercerie à Gand.
Il avait épousé Margherite Croquevilaine et il a trépassé avant 1424.
Dans le registre des échevins de Gedele de Gand de l'année 1424, une place avait été prévue pour les comptes de tutelle de Hannekin et Moenica, les enfants orphelins de Jan Buridaen et Mergriete Croquevilleine, avec Claeys de Smet comme tuteur.
Pour une raison ou une autre on n'a jamais inscrit ses comptes de tutelles et la page est restée vierge...
Nous rencontrons la personne de Claeys de Smet aussi chez la famille van de roke à Gand.
Claeys Smeeds était marié à Katleine Otterspore en 1400.
Son frere Zeger était garant pour Simoen Otterspore, qui, en 1420, était garant pour Janne de Clerc lorsque celui-ci a confirmé une dette vers jacob van de roke, alors assisté par jacob van der roke, son fils.
En 1401 Jan Bonaert a reçu une somme de Claeys de Smed, tuteur des enfants de N. van den Bunre. Willemme Meerijs, la femme de Jacop van de roke était la veuve de Jan van den Bunre, et Jan Bonaert a été désigné par jacop van de roke comme "mon neveu" dans son testament en 1428.
En 1430, Clare de Poerter, la seconde femme de Jacop van de roke était garante pour Jan Bonaert.
Heinric van den Upstalle a reçu une somme d'argent pour les orphelins de Claeys Smeeds.
Heinric van den Upstalle, lui aussi a été mentionné en 1428 dans le testament de Jacop van de roke, et il étéait garant pour Jan Bonaert lorsqu'il a reconnu une dette vers Beelen van der Corben (=Isabelle de le Courbe).
Le fait qu'au début du 15e siècle, des membres de la famille Tournaisienne de le Rocque étaient présents à Gand, et la constatation que Claeys de Smet, tuteur des enfants du petit-fils de Jéhenne de le Rocque, faisait partie du cercle de connaissances de Jacob van de roke, nous rendent la preuve que ces familles se connaissaient encore, et qu'elles étaient des parents très proches.
La fille Cathérine Buridan s'est mariée avec Jacques de Hellemes.
Leur fille Jehenne de Hellemes était l'épouse de Gérard de Hurtebise, et lors de son déces en 1492 un acte a été scellé par Loys de Ghisdalle.
Une fille de Arent van der Roken était alors mariée à Loys van Gheesdaele...
Aubiers Buridans a rédigé son testament à Tournai le 1er octobre 1387.
Il voulait être enterré dans l'église de Saint-Nicaise, à côté de son père.
Sur sa lame funéraire il voulait l'image de lui, son père et sa mère.
Cathérine de Bruyelle avait épousé en seconde noces Jehan Colemer.
Il était le prévôt de Tournai, et a fait son testament le 8 octobre 1389.
Cathérine de Bruyelle s'est mariée une troisième fois, avec écuyer Gilles de Gramez.
Gilles de Grantmés était déjà décédé en 1424, lorsque Cathérine est désignée comme sa veuve.
Dans le registre des rentes de l'abbaye de Saint-Nicolas-des-prés de 1424, nous apprenons que Cathérine de Bruyelles avait donné une rente de "9 sols obol tournois" à l'abbaye.
Cette rente était posée sur une pièce de terre avec des jardins, séant hors de la porte du Bruille, entre "la rue encostée les fossés de la ville" et le chemin d'Audenarde...
Ses jardins se trouvaient donc exactement au même endroit où se trouvaient les jardins que Johannes de le Roke tenait en cense de l'abbaye de Saint-Martin vers 1225!
Comme déjà mentionné sur la page concernant la famille de le Roke à Flobecq, unécuyer Gilles de Grantmes ,en 1425, était le bailliu des terres de Flobecq et Lessines.
Il était sans doute un parent très proche du troisième époux de Cathérine de Bruyelle.
Dans le Veil Rentier de sire Jehan de Pamele-Audenarde de 1275, un Monsigneur Williaume de Grant Meis a été registré comme propriétaire d'une masure située au lieu appelé Hélébruec, séant partiellement à Melden et à Berchem... exactement où le fief de la famille van der Roke se trouvait en 1501.
Ce Williaumes de Grant Meis était sans doute un ancêtre de "notre" Gilles de Grantmes, troisième époux de Cathérine de Bruyelle, la fille de Jéhenne de le Rocque.
Cette mention est la deuxième preuve qu'à la fin du 13e siècle, il y avait plusieurs familles qui avaient des possessions dans la région de Melden et Berchem, et la région de Tournai et Flobecq.
Dans les registres des échevins de la Keure de la ville de Gand a été registré que, le 14 septembre 1393, Gheeraerd van Westrem est venu devant les échevins et a confirmé une dette vers Katheline van Bruielle, femme de gillis van grandmes.
Ce qui prouve que Katheline van Bruielle avait, elle aussi, des contacts économiques à Gand.
Les comptes de 1401 de la paroisse de Saint-Nicolas de Tournai, au quartier du Bruille, citent un Clais l'escrignier.
En la même année, Clais l'escrignier a travaillé pour la ville : il a fourni "un coffre d'assieles d'anemarche" au magistrat.
Dans une publication de la société Gantoise d'archéologie de ville, ont été étudiés les comptes de la cour des ducs de Bourgogne au début du 15e siècle.
Comme types de bois employés à construire des tables, des armoirs et autres meubles, sont mentionés le bois de chêne, d'hêtre, de sapin, d'orme et aiselles de denemarche.
Sans doute ces "aiselles de danemarche" étaient des planches fines en bois de sapin.
En 1404 Clais a façonné huit des "calis" de l'hôpital saint-Jacques, et en 1405 il a fait une porte pour cet hôpital.
Selon l'auteur il était "sans doute" le même personnage que Clais le Roque, qui en 1417 a refait les ailes d'anges et des statues à l'église de saint-Nicolas.
Le nom Clais est une variation du nom Nicolaes.
Probablement ce Clais le Roque était un descendant de Colars Delerocque qui a rédigé son testament en 1359.
Comme nous avons déjà vu avant, Clais a perdu une pièce de son nom de famille.
Cette fois ci, c'était seulement la préposition qui avait disparu, un phénomène qui s'est manifesté de nouveau au 15e et 16e siècle.
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Un escrignier faisait des coffres et des écrins, c'était la forme originale du métier de menuisier.
Dans un article de C. Slootmans concernant la relation entre Anvers et Bergen-op-Zoom, nous pouvons lire qu'à Bergen-op-Zoom, les fabricants de coffres, de tables et de fourreaux faisaient partie de la ghilde des merciers.
Sur le panneau latéral de droite du triptique de Mérode, daté vers 1425, le "maître de Flémalle" a peint le saint-Joseph au travail.
Actuellement les historiens d'art croient que le maître de Flémalle était le peintre Tournaisien Robert Campin.
Il avait comme apprentices entre autres Jacques Daret et Rogier de le Pasture.
Peintre Robert et peintre Roger sont mentionnés dans les comptes de 1423 de la paroisse de sainte-Marghueritte, où nous avons trouvé aussi Jehan de le Roc.
Sans doute nous voyons ici une image fantastique d'un atelier d'un escrignier Tournaisien du debut du 15e siècle.
L'escrignier est assis sur un banque à côté d'une table.
Sur l'établi et sur le sol nous voyons la réprésentation fidèle des outils médiévaux : deux sortes de perçoirs, un marteau et des clous, un ciseau, des tenailles, un couperet, une sie (à découper), et deux sortes d'haches.
Cette peinture nous offre beaucoup d'information concernant l'intérieur, dans lequel les volets attirent l'attention.
Ils servaient à fermer les fenêtres sans vitres, et comme comptoir lorsqu'ils étaient dépliés vers l'extérieur.
Sans doute ce système était employé par beaucoup d'autres artisans et marchands.
Sur la table et le comptoir nous remarquons des souricières et sur le sol nous voyons un petit tabouret, sans doute des articles typiques qu'un escrignier fabricait et vendait souvent.
Nous recevons une idée du type de vêtements que portait un artisans du 15e siècle, et nous remarquons sur tout le couvre-chef spécial et les souliers aux boucles.
Le petit bloc en bois sur lequel se trouve le pied gauche, était utilisé en général, et servait d'isolation en empêchant que les pieds feraient un contact direct avec le sol (froid).
En plus cette peinture nous offre une vue spectaculaire de la grande place de la ville médiévale.
Dans sa monographie de l'église de saint-Jacques à Tournai, A. Cloquet a publié l'obituaire.
Nous y trouvons que Gilliart le Rocque y a fondé un obit en 1407.
Il avait le même prénom que Egidius (1232) et Gilles de le Roke (1260), et il était probablement le m^me personnage que Gilliart de le Rocque que nous avons trouvé à Flobecq en la période de 1404 à 1418 (voyez la famille de le Roke à Flobecq et Ellezelles).
A l'occasion du 20e anniversaire des Guides de Tournai, on a publié en 1993 un septième livre dans la série Tournai Art et Histoire : Les grands siècles de Tournai.
Comme archivistes des archives de la cathédrale de Tournai, le chanoine Jean Dumoulin et le professeur Jacques Pycke ont publié dans ce livre les comptes du 15e siècle de la paroisse de sainte-Marghueritte de Tournai.
Nous y trouvons dans le compte de 24 juin 1423 au 24 juin 1424 qu'une somme de 19 sols et 10 deniers a été payée parce qu'une pale -un habit de deuil noir- avait été mise sur le corps de Jehan de le Roc.
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Vers 1408, les frères Pol, Herman et Jannequin de Libourg, ont enluminé le livre d'heures de Jean, duc de Berry.
Un de ces pages nous donne une idée comment une pale (rouge) était drappée sur le corps du défunt.
Les usages pendant les funérailles au cimetière ne semblent pas avoir changé beaucoup, et dans le moyen âge aussi, les proches du défunt l'accompagnaient vers sa dernière demeure.
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Aux archives de la cathédrale de Tournai, nous avons vu le document original.
La comparaison des lettres e des mots "le" et "pale" avec la dernière lettre du nom de Jehan de le roc nous mène incontestablement vers la conclusion qu'en 1423 on a mis une pale sur le corps de Jehan de le roe.
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Cette personne n'a donc aucun lien avec notre famille.
Monsieur Barbiot a fait des recherches généalogiques dans les archives de l'état à Mons et à Tournai avant que des incendies pendant la deuxième guerre mondiale avaient mis ces archives en cendres.
Dans une série de "documents détruits" dans les Annales du Cercle Archéologique du canton de Soignies de 1955, ses notes ont été publiées.
Monsieur Barbiot a noté pour nous que Jehan de le Roche avait approuvé en compagnie d'autres "bonnes gens d'ycelle paroisse", comme Hutin Barbiot et Jehan Bourlet, les comptes de 1453 de la paroisse de Saint-Nicaise à Tournai.
Nous avons vu avant qu'en 1289 Jakemes de le Roke payait une rente au grand office du cellier du chapitre cathédrale pour deux maisons dans la rue de le roke dans la paroisse Saint-Nicaise.
En 1332 son fils présumé Jak de le roke était connétable dans cette paroisse, et lui aussi habitait au coin de la rue de le roke.
Apparament, la famille de le Roke avait en 1453 habitait toujours la paroisse Saint-Nicaise, sans doute dans cette rue de le roke.
De nouveau, nous ne pouvons que déplorer que les comptes de la paroisse de Saint-Nicaise ont péri dans l'incendie de mai 1940, et que personne n'a publié ces comptes in extenso.
Sans aucun doute nous aurions pu y trouvé une quantité de données énorme concernant la famille de le roke...
En 1404, Jan van der Roke a reconnu devant les échevins de la Keure de Gand qu'il avait une dette de 12 sous et 4 deniers envers Beelen Noes.
Jan Bourlet a promis d'indemniser Jacoppe [van der Roke].
Le fait que les familles Bourlet et de le roke vivaient dans la même paroisse à Tournai, et que cette même famille Bourlet était en contact avec la famille van der roke à Gand, est une des preuves que les familles de le roke et van de roke étaient en fait une famille.
En plus, au début du 17e siècle (et sans doute même antérieur à cette date) une famille Bourlet assez grande était présente à Ellezelles...
Monique Vleeschouwers-Van Melkebeek a publié le "Compotus sigiliferii curie Tornacensis", les comptes de l'officialité de Tournai de la période 1429 à 1481.
Ce tribunal épiscopal avait été fondé au 12e siècle.
Le bilan financiel des revenus et dépenses liés au travail de ce tribunal était présenté à l'évêque chaque année par le "sigilifer curie", le garde du sceau.
Ainsi, à travers les siècles, une série impressionante de comptes s'est formée, mais seulement 16 en ont été préservés.
Dans le compte des revenus et dépenses de l'officialité de Tournai pour la période entre le premier juillet 1461 et le 30 juin 1462, rendu par le garde du sceau Pieter de Vlenke, nous trouvons une dépense faite par l'évêque et les trois archidiacres qui nous intéresse beaucoup :
Item solvi domino Johanni de Roqua qui audivit confessiones certorum prisonariorum curie in Ebdomada Sancta ultima preterita ... 24 s.
Sigilifer Pieter de Vlenke avait payé 24 sous au prêtre Johannes de Roqua parce qu'il avait entendu les confessions de certains prisoniers.
Johannes de Roqua était le confesseur de la prison épiscopale à Tournai.
Nous avons vu dans quelques textes du 13e siècle, où figurait l'échevin Nicholon de Rocha, que la forme Latine du nom de le Roke était de Rocha. Au troisième quart du 15e siècle la forme Latine du nom de famille de le Roque était toujours de Roqua.
Ce prêtre Johannes de Roqua était sans doute le même que Jan de le roke, le prêtre de Schoorisse, qui en 1440 était accepté comme membre de la confrèrie de saint-Georges d'Audenarde (voyez la famille de le Roke à Flobecq et Ellezelles).
Dans sa "monographie de l'Eglise de Saint-Jacques de Tournai" Louis Clocquet a publié l'obituaire de cet église.
Dans cet obituaire on a noté tous les paroissiens de Saint-Jacques qui ont fondé un obit.
En 1472 on y a inscrit Jacques Roke.
Dans la liste des noms alphabétique des testaments de Tournai, se trouve le nom de Catherine Le Roc, qui a rédigé son testament en 1499.
Paul Armand du Chastel de la Howarderie, historien érudit de Tournai, au début du 20e siècle a recherché et publié beaucoup de généalogies de familles Tournaisiennes, entre autre celle de la famille Mouton et de la famille Thiébegot.
La famille Thiébegot possédait quelques fiefs au nord-ouest du Hainaut, entre autres celui de la Cucquière à Celle-Molenbaix et celui de Chinaumont à Ellezelles, tenu en fif de la cour féodale de Leuze.
Entre 1239 et 1256, Jehan Thiébegot était échevin de la cité de Tournai ou de Saint-Brice.
Son petit-fils Jehan était prévôt de la ville de 1340 à 1349, et s'était marié avec Maigne Gargate... nous avons déjà fait sa connaissance dans les comptes communaux de Courtrai de 1392, où elle a été notée directement après Jehane vander Roke, dans la liste des bourgeois opulents Tournaisiens qui avaient prêté de l'argent à la ville de Courtrai "à rachat et à vie".
Magnon Thiébegotte, la fille du frère du prévôt Jehan, Henri Thiébegot, vers 1349 était mariée à Jaquemes Gargate.
Nous nous rapellons qu'en 1339 Jak de le Roke, le mercier, a été nommé dans le testament de Jehan Gargate.
A.F.J. Boziére nous apprend qu'après l'incendie du beffroi en 1391, toutes les cloches - la bancloque, la cloche des ouvriers, le vigneron et le timbre- étaient complètement détruites.
Sur la nouvelle bancloque se trouvent les écussons des familles Thiébegot, Crisembien et Prévost, qui alors faisaient partie du magistrat.
Il y avait -et il ya encore- à Tournai une rue Prévôt.
A.F.J. Bozière, dans son livre magnifique "Tournai Ancien et Moderne" en dit qu'un acte de 1300 lui fait croire que cette rue doit son nom à une famille qui l'a habitée.
Dans cet acte "Jehan Pruvos, li pères, a werpit et donné à rente à Wille Boutillier, ij hosteus en le rue con dist Prouvost."
Avant l'incendie de mai 1940, F. Desmons a fait une transcription presque littérale du testament de Jehenne Prévost.
Malheureusement, lui non plus a noté les prénoms des trois enfants de le Rocque!
Quatre fois hélas, monsieur Desmons était seulement intéressé aux possessions des testateurs...
Le marchand Godefroid Tiébegot, le frère de la femme de Jehan de le Rocque, a redigé son testament le premier mai 1515.
Godefroid avait désigné pour exécuteurs de son testament Pierre Prouvost et Caron Cocquiel dit le Merchier, soit à leur refus, Denis de Rocques et Olivier Dommessent.
Lorsque le testament de Godefroid était exécuté, le 4 mai 1515, Caron Cocquiel dit le Merchier avait été remplacé effectivement par Denis de Rocques.
Très probablement, Denis de Rocques était un des trois enfants de Jehan de le Rocque et la soeur de Godefroid Tiébegot.
Voyez à ce sujet aussi la page la famille de Rocque à Tournai.
À cause des liens entre les familles Thiébegot et Gargate, et la présence de la famille Prévost en le rocque en la paroisse Saint-Nicaise, ce Jehan de le Rocque appartenait certainement à la famille de le Roke de Tournai.
Le fief Chinaumont à Ellezelles, que la famille Thiébegot tenait en fief de la cour féodale de Leuze, se trouvait -et se trouve- à peu près à un kilomètre du bois de le Roke à Flobecq.
En 1275, registré dans le Veil Rentier de sire Jehan de Pamele-Audenarde, la famille Gargate était déjà présente à Ellezelles.
Les alliances familiales de ce Jehan de le Rocque une fois de plus nous rendent la preuve que les familles de le Roke de Tournai et la famille de le Roke de Flobecq et Ellezelles étaient une famille unique.
Dans son livre "l'Armorial de Tournai et du Tournaisis", A.F.J. Bozière nous montre les blasons des familles nobles et patriciennes de Tournai.
Nous n'y trouvons pas de famille de le Roke...
Quand monsieur Bozière nous parle du blason de la famille Varlut, nous y rencontrons Geneviève Varlut, fille de Raymond, mariée à Jehan de Rocq.
Dans les archives du Conseil des troubles, fondé par don Alvarez de Toledo -Alva-, nous avons trouvé que Jehan le roch, de Tournai, époux de Genefieve Varlut a été enprisonné en 1568.
Ses "biens meubles et immeubles annotez et saisiz de Jehan le roch, prisonnier" y ont été dénombrés.
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Ce Jehan le roch a été noté comme de Rocq aussi bien par Bozière que par Moreau, et s'appelait donc sans doute de le Rocq ou de le Roch.
Le texte du Conseil des Troubles nous apprend que Jehan le roch possédait une maison "en le ture", dans la rue Du Quesnoy, au quartier de Saint-Brice.
Sur cette maison posaient les rentes suivantes :
Gilles Merchier, "grand vicaire de legelese de notre dame" -la cathédrale-, demandait le payement d'une rente heritable de 16 deniers, pour un prêt de 9 livres tournois qui datait du 5 feévrier 1565.
Coobligé dans ce prêt étaient Genefieve Varlut, "femme audit prisonnier", Paul Varlut et Marcq Amberbecq.
Honorable homme Jehan Villain, bourgeois de la ville et cité de Tournay, demandait le payement d'une rente viagère.
Catherine le Maury, vesve du feu Anthone Meurisse, demandiat le payement des intérêts d'une "rente fonsiere sur la myson dudit prisonnier".
Maître Jehan Moendas demandait, au nom de Jaques du Bois, le payement d'une rente heritable sur l'achat d'une maison "en le ture", jadis au bénéfice de Nicolas Frayere.
La veuve de Nicolas Frayere avait vendu cette rente à Jaques du Bois.
Olivier Libart, receveur d'Arnould, seigneur de Peronne, et les frères Hermes et Georges de Landas, demandaient le payement d'une rente fonsiere sur la maison dudit prisonnier seant en le tir rue du quesnoij".
Frère Anthone, "clercq religieulx de la maison et religion des moisne", demandait, au nom de l'abbaye, les intérêts d'une "rente fonsiere sur la mayson dudit prisonnier seant en le ture".Piat du Pre, receveur de l'office du cellier de leglise de notre dame de Tournay, demandait le payement d'une "rente fonsiere" qui appartenait à l'office du cellier depuis 1406, et de laquelle rien n'avait été payé les dernières quatre années.
Nous remarquons une fois de plus un lien entre un membre de la famille de le roke et le chapittre cathédrale.
A l'exception du fait qu'il a été emprisonné en 1568, sans doute à cause de religion, et que ses biens ont été saisis, nous n'avons pas pu trouver d'autres données concernant ce Jehan le roch ou de Rocq.
Nous avons trouvé beaucoup plus regardant la famille Varlut :
Genefieve était la fille de Raymond Varlut.
Raymond Varlut était un des membres les plus éminents de l'église Calviniste à Tournai.
Entre 1526 et 1530 le mouvement protestant à Tournai prospérissait sous la direction des pasteurs comme Jean Fourmant, Jean Carpentier et Jacques Morenghe, des bourgeois riches comme Jean Piemont, Jean Rousseau, Corneille Arians et Damien Delemotte, mais aussi des petits marchands comme Jean Fouant, un cordonnier, Jacques Hespiel, un chapelier, Raymond Varlut, un mercier, ...
Paul Armand du Chastel de la Howarderie en 1908 a écrit dans la Revue Tournaisienne que le 16 juin 1531, un proces a été mené contre Raymond Varlut où il avait été condamné au banissement perpétuel et à la confiscation de ses biens "pour hérésie".
En 1557 il y avait 25000 habitants à Tournai, et la ville était décrite comme "pleine de novateurs qui par leur doctrine... corrempent la foi et les moeurs."
Dès 1561 l'église calviniste y était complètement organisée, sous la direction du réformateur modéré Guy de Bray, et 13 à 14000 personnes étaient membres de la communauté protestante.
D'après Gerard Moreau, Jeanne Varlut, épouse de Jean de Rocq, avait été relachée du prison avant fin octobre 1564, où elle avait été emprisonée parce qu'elle avait hébergé son frère François Varlut.
Il parait qu'il y a eu un peu de confusion regardant le prénom de l'épouse de ce Jean de Rocq.
François Varlut était un des inspirateurs principaux du calvinisme à Tournai.
Nous avons trouvé beaucoup de données et des références vers des pièces d'archive originales dans "l'histoire du Protestantisme à Tournai jusqu'à la veille de la Révolution des Pays-Bas" de Gérard Moreau, et dans la publication d'assez grand poids de Adrianus Haemstedius concernant les martyres qui ont donné leur sang à cause de leur témoignage de la vérité évangélique...
Franciscus Varlut, un ouvrier-tisseur de Tournai, s'était rendu vers 1550 à Genève, où il avait étudié la doctrine de Calvin.
En 1559 et 1560 il a vécu à Orléans.
Peu après, il est revenu à Tournai où il s'est concentré sur le développement réligieux des jeunes.
Son enthousiasme juvénile avait un effet entraînant et il a converti beaucoup de jeunes.
Lorsque l'église catholique organisait la grande procession le 14 septembre 1561, une foule importante se trouvait à Tournai.
Les calvinistes Valenciens Simon Fauveau et Philippe Mallart étaient venu rendre visite à leurs amis Tournaisiens, et ils regardaient avec grande aversion les cérémonies catholiques, et ils se proposaient d'organiser des démonstartions protestantes.
La nuit du 28 septembre 1561 une masse de personnes se promenait dans les rues de Valenciennes en chantant des psaumes de David "en langue vulgaire".
Le jour après, 400 jeunes calvinistes Tournaisiens se rassemblaient à la porte de Lannoy, et marchaient dans la ville en chantant.
Le lendemin, 3 à 4000 calvinistes chantants se promenaient dans la ville de Tournai...
Ces "chanteries" avaient attiré l'attention de l'administration centrale, et la réaction était d'une force extraordinaire.
Le Conseil de Flandre envoyait des commissaires spéciaux vers Tournai afin d'examiner la situation.
Quand le procureur Pasquier de le Barre en 1561 mettait à la porte de la cathédrale une liste de 26 noms de personnes qui devait se rendre en personne chez les commissaires spécaiux du Conseil de Flandre, à peine de bannissement perpétuel et confiscation de leurs biens, le nom de Guillaume Varlut figurait parmi ces noms.
Guillaume Varlut, chapelier, était l'oncle de François Varlut et il habitait tout près de l'église Saint-Nicaise (!).
On lui reprochait d'avoir des liens avec les calvinstes de Lille, et les inquisiteurs avaient appris qu'il n'avait pas fait ses Pâques!
Guillaume a réussit à s'enfuire, mais ses biens ont été confisqués et il a été banni.
A.F.J. Bozière nous signale Guillaume Varlut à Anvers en 1557.
La communauté calviniste de Tournai a été démantelée complètement : Jean de Lannoy a été exécuté, les autres ont dû s'enfuire : Guillaume Cornu et Jacques Carette vers Valenciennes, Jean du Mortier vers Anvers, Pierre Guillaume et Charles Capreau vers Paris, Guy de Bray, les frères Tallemant, Alexander Dayke et Jean Cornu vers la Normandie.
L'inquisition avait arrêté Franciscus Varlut, et même ses aversaires l'ont quallifié comme "homme superbe, fort bon et prompt ès passaiges de l'excripture saincte".
Par peur d'une réaction violente de la foulle qui serait causé par une exécution de François Varlut, il a été banni de tous les états où le roi d'Espagne était le souverain.
François Varlut s'est retiré à Orléans avec "sien beau-frere" (Jean de Rocq?), sa soeur et quelques amis, mais en 1562 il est revenu à Tournai avec Alexandre Daykin et Guillaume Cornu.
Cet Alexandre Daykin a été surpris lorsqu'il exerçait un exorcisme dans une maison "située en le Roque".
Les gardes de Tournai, sous direction de Jean Gombault, adviseur du bailliu, n'avaient rien entrepris, même pas lorsqu'une grande foule se mettait en marche de Tournai vers Blandain en chantant des psaumes, Daykin en tête.
Les chanoines du chapitre Tournaisien se sont plaints chez le Conseil de la gouvernante, qui a envoyée une lettre pimentée aux magistrats Tournaisiens qu'ils devaient prendre des mesures contre les hérétiques.
Lorsque Alexandre Daykin et François Varlut quelques jours plus tard se rendainent vers le bois de la Commune envers Orcq, afin d'écouter une prêche en plein air de Guy de Bray, les autorités communales n'avaient plus le choix.
Une groupe de soldats était envoyée vers le bois d'Orcq, et 26 personnes y ont été arrêtées entre autres : François Varlut, Alexandre Daykin, Ogier Cambrebecque, Walerand Baudry, Betremine Bourgeois, Jacqueline Bruneau, Bon de Bury, Antoine Carré, Gilles Clinquant, Isabelle David, Isabelle Dumont, Péronne Rousseau, Cornille de Gand, Jaques le Grand, Barbe Hardoye, Antoine Marchant, Alexandre Robe, Marguerite Testelin, Margueritte de Villers et Barbe Lestrée.
Ils ont été amenés au château de Tournai où Barbe Lestrée, Peronne Rousseau, Alexandre Daykin et François Varlut y ont ététorturés sévèrement.
Quelques lettres que Alexandre et François ont écrit en prison à leurs amis ont été conservés, et on y constate leur constance et leur confience dans la foi.
Par ordre de la gouvernante Margaretha de Parme, François Varlut et Alexandre Daykin ont été exécutés le samedi 10 octobre 1562 : "la teste trenchee au chateau".
Après l'exécution le bourreau avait mis les corps des défunts sur un charrette et les amenait vers le bois d'Orcq afin de les y bruler.
Les plusieurs centaines de gens qui suivaient la charette se sont emparrés des victimes et leur ont donné un enterrement solennel.
François Varlut avait 25 ans quand il a été exécuté.
Ceci nous entraine à conclure que son beau-frère Jehan le roch avait a peu près le même age, et était donc né vers 1535.Le nom d'Ogier Cambrebecque, arrêté lui aussi au bois d'Orcq en 1562, nous saute dans l'oeil.
Jean Cambrebeque, "armoieur", avait tout juste échappé à la justice lorsque Pierre Bruky avait été arrêté en 1544.
En 1545 il a été banni "pour hérésie", et ses biens ont été confisqués.
Sans doute il était l'oncle ou le père d'Ogier Cambrebeque, qui lors de son arrestation en 1562 a été décrit comme un des "ieusnes garsons".
Ogier était armurier et avait 20 ans en 1562.
Pasquier de le Barre, procuruer du roi, a réussi -après des mois d'enprisonnement- à convaincre Ogier d'abjurer sa foi, et le 6 juillet 1653 il a été relaché.
Au début de 1564, Paul Chevallier a rencontré Ogier Cambrebeque à Anvers, et lors d'une discussion avec les anabaptistes ils se sont rendu compte qu'Ogier avait beaucoup d'opinions en commun avec eux.
En 1566 Ogier Cambrebecque et beaucoup d'autres anabaptistes ont été bannis de Tournai.
Marcq Amberbecq, Paul Varlut et Genefieve Varlut, "femme audit prisonnier", étaient garants pour le payement d'une rente héritable que Gilles Merchier, grand vicaire de l'église de Notre Dame de Tournai, possédait sur les biens saisis de Jehan le roch.
Ce Marcq Amberbecq était sans doute un parent très proche de Jehan (de) le roch, et son prénom aussi mérite notre attention soutenue.
Dans les listes alphabétiques des baptëmes de la paroisse tournaisienne St.-Jean-Baptiste nous trouvons le baptême de Louis-Jacques Delerocq le 28 septembre 1647.
Hélas! Les registres paroissiaux de la paroisse St.-Jean-Baptiste n'ont pas été préservés...
Dans la bibliothèque communale de Tournai se trouve le manuscrit XLVI n, dans lequel se trouvent plusieurs transcriptions d'actes de baptême...
L'acte de baptême dans lequel figurent Louis-Jacques Delerocq, ses parents et les témoins, n'a pas été transcrit.
Dans les listes alphabétiques des baptëmes de la paroisse tournaisienne St.-Brice nous trouvons le baptême de Jean-Baptiste Delerocq le 9 septembre 1661.
Hélas! Les registres paroissiaux de la paroisse St.-Brice n'ont pas été préservés...
Dans la bibliothèque communale de Tournai se trouve le manuscrit XLVI n, dans lequel se trouvent plusieurs transcriptions d'actes de baptême...
L'acte de baptême dans lequel figurent Jean-Baptiste Delerocq, ses parents et les témoins, n'a pas été transcrit.
Dans la liste des noms de famille qui figurent dans les "Baptêmes du Tournaisis, de l'ancienne châtellenie d'Ath et du nord de Valenciennes" publiée sur internet par Raymond Bullion, nous trouvons qu'il y a une personne qui avait le nom de famille Delerocq qui est née entre 1582 et 1699 à Condé sur Escaut, une ville française le long l'Escaut, située quelques kilomètres en amont de Tournai.
Dans la liste des noms de famille qui figurent dans les "Baptêmes du Tournaisis, de l'ancienne châtellenie d'Ath et du nord de Valenciennes" publiée sur internet par Raymond Bullion, nous trouvons qu'il y a une personne qui avait le nom de famille Delroche qui est née entre 1596 et 1796 à Orcq, un village situé au nord de Tournai.
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