les chirographes tournaisiens


fin du 12e siècle → 1795



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Q'est-ce qu'un chirographe ?


           L'origine éthymologique du mot chirographe est Greque : il est une combination du mot "chiros", qui signifie main et du verbe "graphein", qui signifie écrire.
Dans la juridiction Romaine, un "chirographum" était donc un acte écrit de sa propre main, rédigé dans la première personne, qui avait force probante par la signature du rédacteur.

Dans le contexte du système de droit médiéval, un chirographe était une charte, un contrat d'intérêt privé entre parties, ratifié par les authorités locales de la région dans laquelle ce contrat s'était réalisé, généralement le greffe scabinal d'une ville.
Le texte était copié sur une feuille de parchemin autant de fois qu'il y avait des parties conractantes, avec une copie supplémentaire pour les authorités locales.

Dans l'intervalle entre chaque copie le scribe écrivait en grandes lettres capitales la dévise, souvent le mot "chirographum", "cirographum", "chirograp", "cirografies", ... dès le 14e siècle quelques lettres, des lignes ou des parafes, une indication concernant la nature de l'acte ou le nom du scribe.
En suite les différentes copies de l'acte étaient séparées en découpant par le milieu le texte intermédiaire, selon les habitudes locales en ligne droite, ondulatoirement ou en zigzag.
Chaque partie recevait sa copie, et la dernière copie était "livrée en les mains" des authorités.

En cas de discussion, la réunion des parties originales découpées pouvait ainsi prouver hors doute l'authenticité d'un acte.


Les chirographes tournaisiens


           Dès le 13e siècle l'emploi du chirographe diminuait partout en Europe, excepté dans les villes du Nord de la France, de la Flandre, du Brabant et des rives du Rhin.

Comme dans les villes voisines de Valenciennes et Douai, la plupart des actes, qui dans d'autres régions étaient depuis longtemps rédigés par les notaires, passaient à Tournai jusqu'à la fin de l'Ancien Régime devant les échevins.
A Tournai on pouvait aussi passer un acte devant un voir-juré, un magistrat qui comme témoin asserementé, assisté par un ou plusieurs "autr'hommes qui connaissoient les parties", pouvait procurer pouvoir de justice aux chirographes.

Les plus anciens chirographes tournaisiens datent de la fin du 12e et du début du 13e siècle. Ils étaient écrits sur des toutes petites pièces de parchemin, et leur contenu était très sommaire.
Peu à peu les formules standardisées ont fait leurs apparitions et les textes sont devenus plus longs (et plus longs...), de sorte que dès le 14e siècle ces actes n'étaient plus des rouleaux de feuilles de parchemin cousues ensembles, mais le plus souvent prenaient la forme de cahiers.
Presque tous les chirographes tournaisiens ont été écrits en encre noir sur des feuilles de parchemin et sont très bien lisibles, puisqu'ils ont été conservés pliés pendant des siècles -jusqu'à la fin du 19e siècle.
Sauf quelques très vieux exemplaires rédigés en latin, tous les chirographes tournaisiens ont été rédigé en langue vulgaire : jusqu'à la fin du 14e siècle en la variante locale de la langue picarde , plus tard en (moyen) français.

Les chirographes tournaisiens sont de nature très différente : on y trouve des actes de vente, de donation et de louage, des contrats d'apprentissage et de prêt, aussi bien que des testaments et des comptes de tutelle et d'exécution testamentaire...
Presque toujours ce sont des actes privés.
A cause de cette diversité les chirographes tournaisiens forment une source idéale pour étudier la vie économique d'une ville médiévale, et les généalogues, les historiens, les philosophes, les sociologues et les linguistes pouvaient y trouver un trésor de données presque inépuisable.

Il n'y avait pas de minutes résumantes de ces actes ; comme déjà stipulé, ils étaient rédigés en plusieurs copies, dont un exemplaire était conservé aux archives du greffe scabinal, ce qui explique la quantité énorme de chirographes.
Tous les chirographes passés devant les échevinages de la Cité de Tournai, de St.-Brice, du Bruille et des Chauxfours, dès la fin du 12e siècle jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, ont été conservés.
A. d'Herbomez estimait leur nombre en 1891 de 500.000, Léo Verriest parlait un demi siècle plus tard d'un total de 600.000 chirographes, dont 100.000 du 13e et 150.000 du 14e siècle.


La Tour des Six


           Pendant des siècles, tous les chirographes tournaisiens ont été conservés dans les archives scabinales qui se trouvaient dans "la Tour des Six".
Ce très vieux édifice était bâti sur une tour de la seconde enceinte de la ville, entre la vielle halle des Consaux et l'abbye de saint-Martin.
C'était une construction quadrangulaire très robuste aux faces de 12 mètres et d'une hauteur de 43 mètres.
Les murs mesuraient deux mètres et demi en épesseur, le toit était surmonté d'une bannière dorée armoriée aux armes de la ville.
Dans "Tournai Ancien et Moderne" de M. Bozière, nous trouvons une coupe transversale de "la tour des six" et une planche avec un dessin réduit d'après Sanderus, qui nous montre la partie supérieure de cette tour derrière la halle des consaux.

Cette tour était apellée la "Tour des Six", parce qu'avant que le greffe scabinal s'y était établi, on y conservait les titres et lettres de la ville et la tour était gardée par six bourgeois de Tournai.
Pendant l'occupation de la ville par Ferrand de Portugal en 1213, la tour a été complètement détruite par un incendie, et a été retablie par la commune.

La chambre utilisée à la conservation des archives de la ville s'apellait "la ferme" ou "l'arche".
On y conservait les chartres, les comptes de la ville et les chirographes.
C'était une chambre incombustible entre deux voutes de pierre, accessible par des escalliers et galleries sombres et étroits, et gardée de trois portes massives.
La clef de la première porte était conservée par le deuxième échevin, la deuxième par le premier échevin et la clef de la dernière porte était conservée par le mayeur.
Un quatrième échevin tenait la clef de la porte d'en bas.
Cette "ferme" mesurait 40 pieds sur 24, et avait une hauteur de 28 pieds, il y avait seulement deux petites fenêtres, barrées de fer.
Les actes et les chartres étaient rangés dans des armoires de bibliothèque selon leurs âges, les plus anciens en haut, les plus récents en bas.
Tous les actes d'une même année était mis dans des sacs, qui portaient des étiquettes de bois avec les noms du mayeur et des échevins de chacque année.


Le diaspora des chirographes tournaisiens


           En 1795 le dernier chirographe a été passé devant les échevins de Tournai.

Les bourgeois dirigeants de la révolution Française n'avaient pas de sympathie pour ces témoins de l'Ancien Régime, et la conservation assurée de documents qui souvent confirmaient une inégalité entre bourgeois, n'était certainement pas une priorité pour le nouveau gouvernement.
Sans doute, plusieures personnes pouvaient bénificier du fait que certains chirographes disparaissaient, et comme dans beaucoup d'autres villes, les archives de Tournai ont été pillés.

Avant 1789 déjà, M. le baron de Joursanvault, de Beaune, avait composé une vaste collection de chartres, manuscrits et travaux historiques.
La révolution présentait au baron de Joursanvault une occasion inattendue à expendre son cabinet généalogique.
Il parcourrait toute la France et achetait un peu partout des archives des abbayes, des cloîtres et des institutions publics.
Après son décès, ses héritiers ont décidé en 1838 de mettre en vente cette énorme collection de documents.
Le lot 3422 comprenait 4117 chirographes tournaisiens de la période 1214 à 1399.
Via l'acheteur De Magny et le général Van de Meer, la plupart de ces chirographes sont rentrés dans les archives de la ville de Tournai.

Dans la période de 1818 à 1823 l'administration communale de Tournai, oublieuse de ses devoirs, a pris quelques décisions particulières.
La "Tour des Six", l'édifice où on conservait les chirographes tournaisiens depuis des siècles, a été condamnée à la démolition et avec le seul but de se débarasser d'une masse de documents qui leur semblaient inutiles, les magistrats ont décidé de vendre une grande partie des archives... au poids du parchemin!
Un témoin a raconté à M. Bozière qu'on jettait les chartres, les registres et les chirographes sans respect par les fenêtres.
La plus grande pertie des chirographes vendus en 1822 est entrée dans la collection de sir Thomas Phillipps à Cheltenham au Royaume Uni.
Ce célèbre baronnet bibliophile avait acheté des dixaines de sacs de chirographes tournaisiens lors de la vente publique.

En 1844 B.M.C. Dumortier décrit qu'il a eu le bonheur de trouver aux archives de Tournai un sac de chirographes qui avait échappé à la dévastation de 1822.

Amans-Alexis Monteil, dans son "histoire des Français des divers états", était le premier historien qui a décrit l'histoire de la France du point de vue du Français modal. Il prêtait attention aux moeurs et usages, aux arts et aux métiers.
Pendant la préparation à ce travail, cet historien et marchand libraire avait établi une collection de documents originaux de tous les coins de la France.
En 1836 il offrait une partie de ces manuscrits en vente, et à l'occasion de cette enchère il a publié son "traité de matériaux manuscrits de divers genres d'histoire", dans lequel il éclaircit le contexte historique des documents offerts.
Le chapître XVI de ce catalogue concerne l'histoire des lois et des hommes de loi, et nous y trouvons deux lots contenant des chirographes tournaisiens du 13e et 14e siècles, mis en enchère aux prix de 60 francs.
Un autre lot se composait de 382 actes originaux datant du 13e jusqu'au 18e siècle, offert à 300 francs.
Une grande partie des lots était achetée par... sir Thomas Phillipps.
A Paris, le 11 juin 1850, la maison de vente Silvestre a organisé l'enchère des manuscrits faisant partie de la bibliothèque de Amans-Alexis Monteil, décédé quelque mois avant.
Dans le catalogue nous trouvons le lot 292, une collection de d'actes, passés devant les échevins de Tournai dans le 13e et 14e siècles, classés entre des feuilles de papier sur lesquelles ces actes étaient analysés.
Le lot 313 comprenait des copies de chirographes du 13e siècle, passés par devant la municipalité de Tournai.

En septembre 1891, A. d'Herbomez a consacré un article au "Fonds des chirographes aux archives communales de Tournai", qu'il ne considérait pas comme la plus importante collections des archives tournaisiens, mais qui était certainement la plus volumineuse.
Il nous rapelle que ce fonds a subi quelques mésaventures regrettables, et celle qui était -à ce moment là- la plus jeune, la liquidation d'une grande partie des archives qui avaient été conservé dans la Tour des Six pendant des siècles, l'a rempli d'une grande indignation.
Il espérait que les authorités tournaisiennes se proposaient faire tout le possible afin de rétablir cette faute regrettable en rachetant ce trésor de quelques 20000 chirographes, la plupart datant du 13e et 14e siècle.
Les héritiers de sir Thomas Phillipps avaient obtenu la permission du parlement Anglais d'aliéner des pièces de la bibliothèque de Cheltenham qui ne faisaient pas rapport à la Grande-Bretagne.

L'indignation sincère d'A. d'Herbomez et beaucoup de ses collègues érudits, membres de la Société Historique et Littéraire de Tournai, a finalement résulté dans le rachat par l'Etat Belge de la plus grande partie des chirographes qui se trouvaient dans la bibliotheca Phillippica à Cheltanham.
Dans le testament de sir Thomas Phillipps, sa fille Katerine et John Fenwick ont été désignés comme responsables de sa bibliothèque.
En avril 1887, M. Charles Ruelens, le responsable des manuscrits de la Bibliothèque Royale de Bruxelles a eu une première conversation avec John Fenwick concernant l'acquisition de documents relatifs à l'histoire Belge, et en juin M. Edouard Fétis, le directeur de la Bibliothèque Royale a commencé les négociations.
M. Charles Piot et M. Charles Ruelens avaient reçu la permission d'examiner et d'étudier les documents, mais ne pouvaient rien publier de leur investigation.

Pendant l'hiver de 1899 M. Van den Gheyn, le successeur de M. Ruelens, a réussi à remporter en Belgique 170 manuscrits d'importance considérable, 239 catalogues de bibliothèques belges et hollandaises, et une "vaste masse d'actes relatifs à Tournai".
Le ministre d'agriculture, qui avait l'autorité de la culture, a approuvé cet achat pour la somme de 2570 £.

Sans doute cette "vaste masse d'actes relatifs à Tournai" était celle qui se trouvait dans les multiples sacs de chirographes que sir Thomas Phillipps avait fait acheter en 1822, au prix du poids du parchemin.
L'article de M. Léo Verriest de 1942 concernant "la perte des archives du Hainaut" nous apprend qu'en effet une masse d'environ 25000 chirographes tournaisiens était entrée dans les collections des archives de l'Etat de Mons vers 1905.

En 1899 la maison de vente Sotheby's a organisé une vente de pièces provenant de la Bibliotheca Phillippica.
Les lots comprenant des documents relatifs à Tournai y ont été vendus à la ville de Tournai, et aux acheteurs Lethaby, Quaritch, Leighton, Delane et Ellis.
Quelques-uns de ces lots sont entrés dans les collections de bibliothèques à Paris, à Londres ou à Manchester, d'autres ont disparu dans l'obscurité de l'histoire...
La maison de vente Sotheby's a organisé des enchères de collections de chirographes tournaisiens provenant de la bibliotheca Phillippica en 1903, 1910 et 1914.
Jusqu'au millieu des années soixante-dix du 20e siècle, différentes maisons de ventes ont offert en vente des pièces de la bibliothèque de sir Thomas Phillipps, et la possibilité existe que des chirographes tournaisiens originaux se cachent dans des collections privées.

En 1903 le libraire Gantois Camille Veyt a publié le "catalogue des livres et manuscrits formant la bibliothèque du château de Boussu provenant de feu M. le comte Georges de Nédonchel, président de la Société Historique et Littéraire de Tournai".
Dans cette collection se trouvaient 30 chirographes tournaisiens de la période 1282-1366.
Pendant la deuxième guerre mondiale, le château de Boussu a été utilisé comme dépôt de munition par la Luftwaffe Allemande, qui le 2 septembre 1944 a dynamité le château.

En 1939, le texte d'un discours que mr Léo Verriest a débité à l'occasion d'un congrès de médiévistes, a été publié dans les Annales du Cercle Archéologique de Mons, sous le titre : "Un fonds d'intérêt exceptionnel : les chirographes de Tournai".
Mr. Léo Verriest nous y raconte que, comme archiviste débutant, il a passé son temps d'apprentissage aux très riches archives de Tournai.
Immédiatement il a été fasciné par le fonds des chirographes extrèmement intéressant, qu'il décrit comme une source inépuisable de documentation historique sur la ville de Tournai aux 13e et 14e siècles.
Pendant son temps libre il a copié ou analysé des centaines et des centaines de ces textes.
De plus il attire notre attention à l'importance exceptionnelle de ces chirographes dans le domaine de la linguistique.
Il a mis l'emphase sur le fait que selon lui c'était ab-so-lu-ment indispensable de publier ces actes d'intérêt privé in extenso pour la période de la fin du 12 siècle jusqu'à 1275, pour les chirographes datants d'après cette période, un résumé et une analyse pourrait suffire.
Mr. Léo Verriest avait constaté que le fonds des chirographes de Tournai se trouvait dans un état extrèmement inaccessible et quasi inutilisable.
Lors de la publication on devrait rédiger des tables onomastiques et de lexiques, pour que ce fonds pourrait enfin contribuer à une meilleure compréhension de l'histoire urbaine médiévale...

Mr. Verriest a fait la remarque que dans le passé on avait déjà publié de grands volumes de textes beaucoup moins intéressants que ceux du fonds des chirographes tournaisiens.
Hélas, mr. Léo Verriest a prêché dans le désert...

En mai 1940, ce qui était inimaginable est arrivé, et ce fonds d'intérêt exceptionnel a disparu dans les incendies qui ont causé la perte quasi totale des archives de Tournai et de Mons.

Tout le mal qu'on s'était donné afin de remporter plusieurs milliés de chirographes tournaisiens s'est prouvé en vain et ont hélas abouti dans le fait que la plus grnde partie de cette collection a disparu à jamais.



La destruction quasi totale des archives de Tournai en mai 1940


           Laissons parler les images :

les archives tournaisiennes en 1939

les archives tournaisiennes après le 16 mai 1940


Le mois de mai 1940 était très chaud et le jeudi 16 mai beaucoup d'habitants tournaisiens cherchaient un peu de rafraichissement sur leur seuil, les enfants jouaient dans la rue.
Vers 3 heures de l'après-midi l'alarme des sirènes résonnait.
De loin on entendait le grognement lugubre des bombardiers bimoteurs de la luftwaffe Allemande : en formation, en groupes de trois, les Dorniers 17 approchaient.

Jusqu'à ce jour, Tournai avait subi le 10 mai un bombardement léger, pendant lequel on avait à déplorer trois victimes, et pendant la semaine intermédiaire durant les alertes aériennes on avait vu passer les bombardiers Allemands à grande hauteur.
Le 16 mai, beaucoup de Tournaisiens restaient regarder le ciel et indiquaient les avions ennemis qui s'approchaient.
D'autres se précipitaient vers les abris...

La luftwaffe effectuait cinq bombardements successifs et un tapis de bombes descendait sur Tournai.
Par ci, par là, les premières incendies éclataient.
Les quais de l'Escaut étaient touchés gravement, comme l'étaient la bibliothèque, les archives, l'hôtel de ville, l'évêché et l'èglise St.-Quentin.

Quand les sirènes annonçaient la fin de l'attaque aérienne, une grande partie de la population prenait la fuite.
Ils ramassaient leur possessions les plus importantes et quittaient la ville en colonne, en mettant ainsi en obstacle les manoeuvres des forces alliées Anglaises.
Par manque de moyens et d'hommes les pompiers ne réussissaient pas à éteindre les multiples incendies avant la fin de la journée.
Directement après le début du crépuscule, le premier bombardier Allemand apparaissait de nouveau au dessus de la ville, les bombardements continueraient jusqu'à l'aube.

Le 17 mai entre 9 et 10 heures le matin, les avions ennemis réapparaissaient au dessus de Tournai et des milliés de sachets incendiaires étaient lancés sur la ville.
Les flammes s'étendaient par les toits des maisons, et il y avait des incendies énormes : de la Grande Place jusqu'à la rue des Maux, dans la rue de l'Yser, dans la rue de Courtrai, et via la rue des Orfèvres, où les archives et la bibliothèque communale étaient devenus la proie des flammes, le feu atteignait la grande nef de la cathédrale.

Le samedi le 18 mai il devenait clair dans quelle situation catastrophique Tournai se trouvait : le centre de la ville était en ruine.
Par ci, par là quelques courageux essayaient d'éteindre les incendies, mais presque toute la ville intérieure était envahie par les flammes.
Finallement, un corps de pompiers Anglais a réussi à arrêter l'incendie de ville en faisant exploser certains pâtés de maisons.
L'incendie dans la cathédrale n'a pu étre maîtrisée que le samedi après-midi.
Grâce à l'aide d'une dixaine de volontiers et de quinze prisonniers auxquels on avait promis la liberté, et sous la conduite de Mr. Lambert, le directeur du prison de Tournai, on a réussi après huit heures d'efforts ininterrompus de sauver la cathédrale.

Le samedi et le dimanche 19 et 20 mai 1940, les troupes de génie Anglaises ont dynamité les ponts sur l'Escaut à Tournai.
La bataille de l'Escaut avait commencé...


Trois jours plus tard les troupes Allemandes entraient dans la ville de Tournai.

Une coupure d'un journal Allemand de mai ou juin 1940 nous apprend le point de vue Allemand sur les faits :
"Die Zerstörung dieser Stadt kommt auf das Schuldkonto der Engländer, die hier zähen Widerstand geleistet haben."

Vue la présence de forces Anglaises dans la ville, du point de vue militaire c'était sans doute important d'éviter qu'un bastion allié pouvait être formé le long de l'Escaut.
Si c'était nécessaire de détruire la ville presque complètement me semble une autre question.

Et mettre la cause de cet acte barbare chez les forces alliées Anglaises est une excuse au moins douteuse...


Les chirographes tournaisiens survivants


           La plus grande partie des chirographes tournaisiens a disparu à jamais, mais nous avons quend même réussi à retrouver quelques actes originaux.
En plus, beaucoup de généalogistes et historiens avaient copié ou publié des chirographes avant 1940.

Nous avons retrouvé (seulement)/(quand même) quelques centaines de chirographes originaux :


Nous avons trouvé des transcriptions, copies et fragments de chirographes tournaisiens dans les notes personnelles d'un nombre d'historiens érudits :


Nous avons trouvé des transcriptions complètes ou partielles et des fragments ou références des chirographes tournaisiens dans les publications d'une liste d'auteurs sans doute incomplète :

Bigwood G, Bouteillier J., Bozière A.F.J., Cloquet L., d'Herbomez A., De Béthune-Sully E., de Formanoir, de la Grange A., de Marsy, De Meulenaere O., de Nédonchel, De Pauw N., de Reiffenberg, Delvinquier B., Des Marez G., Deshaines C.C.A., Desmons, Dony E., du Chastel de la Howarderie P.A., Dumortier B., Génicot L., Giry, Godefroy F., Gordière L.-A., Hennebert F., Hoccart, Hocquet A., Houtart M., Laubscher G.G., Mangano-Leroy P., Maquest, Mestdag S., Monteil A.-A.,Nazet J., Nelis H., Nys L., Piérard C., Piérart, Pijcke J., Pinchart A., Platelle H., Ruelle P., Schwan E., Soil de Moriamé E., Taillar M., Vandenbrouck H., Vanwijnsberghe D., Verriest L., Voisin ch., Vos ch., Wauters A.

Sans doute il y a d'autres publications où on peut trouver des fragments de chirographes tournaisiens et peut-être il y a des chirographes tournaisiens qui se trouvent dans des fonds d'archives ou des collections privé que nous ne connaissons pas, ou ils peuvent se cacher des transcriptions de chirographes tournaisiens perdus à jamais dans les notes personnelles d'historiens érudits ou de sgénéalogues qui ont eu la chance de faire des recherches avant mai 1940 dans cette source presque inépuisable...
Si quelqu'un connaîtrait une source qui nous a échappée, nous sommes extrèmement interessés!



Le voeu de Léo Verriest : un plan ambitieux ?


           Durant nos recherches généalogiques concernant la famille de le Roke, nous avons essayé de retrouver le plus de chirographes possibles et d'en faire une photocopie, une photo ou une transcription.
Alors m'est venue l'idée de réaliser après 70 ans le voeu de Léo Verriest et d'essayer de publier d'une façon ou d'une autre les (regestes des) chirographes tournaisiens.

Si nous trouvons un maecenas généreux, nous envisageons un corpus chronologique d'au moins 10 volumes contenant les transcriptions intégrales de tous les (fragments des) chirographes tournaisiens retracés, accompagnés par des analyses et des interprétations et des tables onomastiques et de lexiques, sous forme d'une publication luxueuse in quarto sur papier glacé et enluminé par des magnifiques photos en couleurs aux dimensions réelles (donc avec des feuilles dépliantes si nécessaire) de tous les chirographes tournaisiens qui existent encore !